Présence française en Algérie : une succession de massacres

0
205
Massacre

/Le 18 octobre 1961, beaucoup en France découvrent avec horreur la répression sanglante dont ont été victimes, la veille, les Algériens qui ont osé braver le couvre-feu imposé aux Maghrébins. Pourtant, ce n’était une première que sur les terres françaises. Sur le sol algérien, la présence de la force coloniale n’a été qu’une succession de massacres. Avec un bilan horrifiant : plus de 5 millions de morts, révéla, il y a quelque temps le président Tebboune.

6 avril 1832, le 1er génocide

C’est en 1832 que la France signe ce qui sera son premier génocide. Cela se passe du côté d’El Harrach, à Alger. Dans une expédition nocturne ordonnée par le duc de Rovigo, la tribu des Ouffia est quasiment exterminée. 1200 de ses membres périrent sans distinction d’âge. Ce n’est sans doute pas la première exaction de la France. Le même Rovigo avait auparavant (en 1831) ordonné le massacre de 4000 personnes qui s’étaient opposées à sa décision de transformer la mosquée Ketchaoua en centre militaire. Mais le massacre des Ouffia est un véritable génocide en ce sens qu’il a ciblé une tribu et comme le relève l’historien Djamel Yahiaoui, cela inaugure une terrifiante politique d’extermination.

Enfumades et emmurades des années 1840 : la surenchère de l’horreur

Les années 1840 seront marquées par les enfumades. Il y eut celles des Sbehas en 1844 où les hommes du sanguinaire Cavaignac allumèrent des feux à l’entrée des grottes tuant par asphyxie quasiment tous ceux qui s’y trouvent y compris femmes et enfants. Et Cavaignac ne tarde pas à faire des émules. En 1845, le général Bugeaud conseille à ses subordonnés qui combattent El Emir Abdelkader de faire autant. Le lieutenant-colonel Pélissier ne se fait pas prier. Au mois de juin de la même année, il fait périr par asphyxie quasiment toute la tribu des Ouled-Riah, alliés au Cheikh Boumaza, qui avait trouvé refuge dans les grottes de Ghar-el-Frechih dans le massif du Dahra. Ce massacre fait plus de 1000 morts indignant le monde entier.  Le journal anglais Times du 14 juillet 1845 écrivait alors : «Il est impossible de réprimer la plus forte expression de l’horreur et du dégoût à propos des atrocités d’un acte commis par le général Pélissier, commandant un détachement français en Algérie… Ceci n’est pas une guerre mais le massacre d’une population par celui qui a assumé le pouvoir de gouverner cette région, un monstre qui déshonore son pays, son époque et sa race.»

Un historien de chez nous, Mohamed El Korso en l’occurrence, dira plus tard, que «l’armée coloniale expérimenta l’extermination par le gaz un bon siècle avant l’Allemagne nazie.» Et comme dans une surenchère de l’horreur, on invente ou réinvente aussi les emmurades. Là, elles sont le fait de Saint Arnaud qui se vante d’avoir fait pire que Cavaignac et Pélissier.  C’était en août 1845, il fait emmurer vivants 500 Algériens qui s’abritaient dans une grotte entre Ténès et Mostaganem (Aïn Merane) et qui refusaient de se rendre.

1849 : l’abominable massacre des Zaatcha

La décennie 1840 se termine comme elle a commencé. En 49, c’est chez les Zaatchas que la furie française va s’exprimer. La résistance de cette oasis des Ziban est réprimée dans la barbarie la plus abjecte. Des dires mêmes du général Herbillon qui commandait les troupes françaises, «seuls un aveugle et deux ou trois femmes y survécurent.» Malheureusement, il n’y a pas que la décennie 1840 qui se termine comme elle a commencé. La colonisation en elle-même se poursuit comme elle a débuté. Dans le sang. La France continue de massacrer des populations entières, ce n’est pas un combat d’homme à homme. La France n’épargne ni femmes ni enfants. A chaque résistance, d’El Mokrani à Bouamama, elle écrase tout sur son passage.

8 mai 1945 : une page sombre du 20e siècle

Et cette barbarie, on la verra aussi au 20e siècle. Notamment en ce sombre jour du 8 mai 1945. A ces Algériens sortis, à l’occasion de la défaite du nazisme, réclamer l’indépendance de leur pays, on oppose une répression sanglante. Bilan : 45.000 morts. Une date noire pour l’humanité. Mais pas la dernière page sombre du colonialisme français qui continue tant qu’il le peut à tuer, violer, torturer, brûler des villages entiers, déporter… A commettre crime sur crime de guerre.

S. H.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici