Présidentielle anticipée le 7 septembre 2024 : Les élections reprennent leur « cours normal »

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Le Président Tebboune

PAR ZINE HADDADI

Finies les spéculations.  Le président de la République a tranché concernant la date de la
prochaine élection présidentielle. Le chef de l’Etat a décidé la tenue d’une élection présidentielle anticipée, dont la date est fixée au samedi 7 septembre 2024, pouvait-on lire dans le communiqué de la présidence de la République. La décision a été prise lors d’une réunion en présence du président du conseil de la nation, du président de l’assemblée populaire nationale, du président de la cour constitutionnelle, du premier ministre, du chef d’état-major de l’ANP, du directeur de cabinet à la présidence de la République, du ministre de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire et du président de l’autorité nationale indépendante des élections, indique la même source.

Le président de la République procédera à la convocation du corps électoral le 7 juin 2024, soit trois mois avant la date prévue du scrutin présidentiel, conformément à ce que prévoit la constitution. Alors que des scénarios fleurissaient ici et là annonçant un probable report de l’élection présidentielle, la décision du président de la République de les tenir de manière anticipée vient contredire ces rumeurs qui se faisaient de plus en plus insistantes. Non seulement il n’y a pas de report des élections qui auraient supposé une prolongation du mandat présidentiel en cours, mais ce dernier vient d’être écourté de trois mois suite à la décision de la tenue d’une élection présidentielle anticipée pour le 7 septembre 2024. Toutefois, la tenue de l’élection présidentielle trois mois avant sa date prévue n’est pas sans raisons. En effet, l’agence officielle APS y voit un retour à la normalité du calendrier électoral. Pour comprendre les motifs de cette décision, il faudrait donc remonter à l’année 2019 où, par un cas de force majeur qu’était le mouvement populaire, l’élection présidentielle prévue initialement en avril de cette année-là n’a pas pu avoir lieu en temps voulu.

Reportée à juillet 2019, elle n’a pas pu se tenir jusqu’au 12 décembre de cette année-là, provoquant un décalage dans le calendrier habituel des élections en Algérie. Le scrutin s’était d’ailleurs tenu dans un climat assez particulier. L’APS décrit une élection présidentielle tenue « à la hussarde ».

Une décision conforme à la constitution

La décision de Abdelmadjid Tebboune de tenir une élection présidentielle anticipée, et donc de remettre en jeu son mandat trois mois plus tôt que prévu, se veut un geste en faveur du retour à la normale du calendrier électoral algérien. D’un point de vue juridique, Abdelmadjid Tebboune n’a pas pris de décision hors du cadre constitutionnel. En effet, l’article 91 de la constitution adoptée en novembre 2020, qui définit les prérogatives et les pouvoirs du président de la République, lui confère le pouvoir de décider d’organiser une élection présidentielle anticipée. En plus du retour à la normale du calendrier électoral, l’APS évoque également d’autres raisons à caractère géopolitique notamment.

Ainsi, « le dernier sommet du gaz, la gestion des conflits et les mutations géostratégiques et
sécuritaires dans la région » ont pesé dans la réflexion qui a mené à la décision d’organiser une élection présidentielle anticipée, selon l’APS. Face aux défis qui lui font face au niveau international, l’Algérie a besoin d’avoir une normalité institutionnelle, quitte à écourter le mandat présidentiel actuel.

Z. H.