Prix des véhicules : L’Etat montre la voie

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Prix des véhicules : L’Etat montre la voie

Par R. Akli

Le marché national de l’automobile devra connaître une véritable relance dès l’année prochaine, avec la remise sur les rails d’une industrie efficiente et compétitive, mais aussi un accès plus organisé à l’exercice de l’activité de concessionnaire, ainsi que l’ouverture à l’importation des véhicules de moins de trois ans au profit des particuliers.

A travers les nouveaux cahiers des charges arrêtés par les pouvoirs publics, tant pour l’importation de véhicules neufs que pour l’installation d’unité locales de construction automobile, l’enjeu premier fixé par le gouvernement est de protéger l’intérêt des consommateurs en veillant à garantir non seulement une réelle disponibilité des véhicules sur le marché local, mais aussi un système de fixation de prix loin des logiques spéculatives de la décennie précédente.

«Les prix des voitures importées seront raisonnables et obéiront à la loi de l’offre et de la demande», a assuré récemment le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar, en expliquant que le marché avait connu une phase exceptionnelle en raison du manque d’importation depuis plus de quatre ans, ce qui a causé des problèmes d’offre et de demande.

Plus explicite encore, le directeur des industries métallurgiques et mécaniques au ministère de l’Industrie, Mohamed Djabaili, avait affirmé avant-hier à travers des déclarations relayées par la presse nationale, que les prix des véhicules sur le marché national seront désormais plus bas qu’ils ne le sont actuellement et même qu’ils se situeront aux niveaux connus avant l’arrêt des activités de montage en 2019.

Des déclarations qui rassurent les citoyens et qui sonnent aussi comme une mise en garde envers les concessionnaires qui seraient tentés de maintenir les prix à des niveaux élevés.

C’est que la nouvelle stratégie mise en place par les pouvoirs publics pour relancer la filière automobile intègre pleinement l’impératif d’éviter les échecs et les dérapages de la décennie précédente, où certains opérateurs de la filière s’autorisaient des renchérissements allant jusqu’à 40% sur les prix de vente des véhicules, sous prétexte que les kits importés leur revenaient plus cher, alors que le secteur bénéficiait de financements et d’avantages fiscaux plus qu’exorbitants.

En réalité, la hausse des prix des kits ne pouvait en aucun cas justifier la marge qu’ils s’autorisaient en profitant d’une forte demande qui leur permettait d’écouler «leur» produit à des tarifs aussi exorbitants.

Aussi, la nouvelle démarche amorcée par le gouvernement induit désormais de nouvelles conditions plus rigoureuses et plus rationnelles pour l’agrément des futures concessionnaires et constructeurs, imposant à la fois un cadre de régulation plus stricte et une meilleure mise en concurrence des offres sur le marché, qui sera alimenté à la fois par des véhicules produits localement et ceux neufs ou d’occasion importés de l’étranger.

Une réorganisation qui devra permettre en somme une réelle disponibilité des véhicules sur le marché national à des prix raisonnables et avec de meilleures garanties de service après-vente, tout en rationnalisant les ressources du pays en devises et en favorisant l’émergence à terme d’une véritable industrie locale de montage et d’un réseau de sous-traitance industriel efficace et compétitif.

R.A