Prix stables pour le Ramadhan et l’Aïd : Les spéculateurs pris de court

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Par Zine Haddadi

Les spéculateurs ont visiblement perdu la bataille du marché face aux pouvoirs publics pour le mois de Ramadhan 2024.
En cette dernière semaine du Ramadhan, les prix des produits de large consommation n’ont pas connu de flambée notable, comme cela est toujours le cas à la fin du mois sacré.
Le dernier week-end avant l’Aïd marquant la rupture du mois du jeûne est souvent l’occasion pour les spéculateurs de jouer sur les prix des produits suscitant une forte demande.
Ainsi, les prix des produits utilisés dans la confection des gâteaux ou des légumes servant à faire les plats traditionnels du jour de l’Aïd connaissaient toujours une flambée à cette période de l’année.
Pour cette année, le marché a quelque peu échappé aux spéculateurs. Au marché des fruits et légumes, nous avons pu noter une stabilité des prix pour le dernier week-end du mois sacré.
La pomme de terre qui a connu à partir de la deuxième moitié du Ramadhan une hausse des prix dépassant parfois les 100 DA le kilogramme, est revenue à des niveaux relativement raisonnables. Depuis vendredi, la pomme de terre est proposée entre 68 et 75 DA dans plusieurs endroits de la capitale, Alger. La baisse des prix s’explique en partie par le déstockage de quantités importantes de pommes de terre la semaine dernière.

Un marché maîtrisé pour ce Ramadhan 2024

La tomate a elle aussi baissé à 70 et 75 DA après avoir dépassé les 100 DA la semaine d’avant. Les navets et les courgettes qui ont l’habitude d’être vendus jusqu’à 200 A le kilogramme dans le dernier week-end avant l’Aïd vu la forte demande, ont été proposés à 70 DA à Alger.
L’oignon rouge est resté stable à 70 DA, tandis que l’oignon vert est vendu beaucoup moins cher à 35 DA le kilogramme.
Pour les viandes rouges, la stabilité des prix observée durant tout le mois de Ramadan s’est confirmée ces derniers jours. La disponibilité de la viande importée vendue à 1200 jusqu’à 1350 DA le kilogramme a permis de stabiliser d’autres produits chez les bouchers à Alger.
Le poulet dont les prix avaient atteint en début du mois sacré 500 DA est redescendu à des niveaux appréciables jusqu’à 440 DA le kilogramme ces derniers jours du Ramadhan.
Si des exceptions de tensions sur certains produits de large consommation sont à noter, notamment la farine, le Ramadhan 2024 aura été relativement maîtrisé.

Zitouni salue la coordination avec les autres départements

La régulation du marché par la disponibilité des produits a eu son impact sur les prix qui sont restés à des niveaux plus ou moins stables contrairement aux années dernières où les flambées inexplicables gâchaient les fins du mois sacré du Ramadhan.
Le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, s’est félicité dimanche dernier lors d’une réunion avec les cadres de son département de «la coopération et la coordination totale» entre son département et les ministères de l’Agriculture et du Développement rural, de l’Industrie et de l’Intérieur et des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, ainsi que «leur contribution efficace» à la stabilisation des prix des produits de large consommation.
Pour les fruits, la disponibilité de la fraise a permis une certaine baisse des prix. Néanmoins, les prix de la banane sont repartis à la hausse, frôlant les 400 DA le kilogramme malgré les mises en garde du ministre du Commerce Tayeb Zitouni qui a brandi ces derniers jours la menace de l’application de la loi sur la spéculation.
Le ministre avait déjà déclaré durant ce mois du Ramadhan que les prix de la banane devraient être entre 250 et 280 DA le kilogramme vu que son département avait pris des mesures de suppression de taxes pour les besoins de la régulation du marché.

Z.H.