Processus électoral libyen : Aguila veut le soutien d’Alger

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Aguila

La Libye est-elle – enfin – sur le chemin de la stabilisation, dix ans après la guerre civile et l’opération militaire franco-britannique «Harmattan» qui a provoqué la chute du colonel Mouammar Kadhafi ?

C’est en tous les cas le vœu pieux espéré par les Libyens et la communauté internationale, -du moins des pays qui n’ont pas des intérêts directs – alors que s’est mis en place, depuis février, un gouvernement d’union nationale (GUN), étape préalable à des élections «inclusives» de décembre prochain. Cette sortie de crise doit composer non seulement avec les différentes forces nationales mais aussi avec certaines forces extérieures à l’instar de la Turquie, le Qatar, les EAU, la Russie, l’Allemagne et l’ancien occupant l’Italie.

C’est cette internationalisation du conflit libyen qui a encore éloigné l’issue de la paix, faisant de ce pays  le théâtre de la plus grande concentration d’intérêts conflictuels en Méditerranée. La Libye essaye aujourd’hui de s’appuyer sur des pays et des entités politiques désintéressés pour sortir de la logique de la confrontation, à l’instar de l’Algérie qui n’a cessé de rappeler à travers le président Tebboune, et son ministre des Affaires étrangères, le soutien total à une paix négociée et à une réconciliation entre tous les protagonistes.  

En juin dernier, les participants à la conférence Berlin 2 sur la Libye ont insisté dans leur déclaration finale, sur la nécessité de tenir, dans les délais, les élections présidentielles et législatives libyennes. Le départ des mercenaires et des forces étrangères, ainsi que la poursuite du dialogue inter libyen figuraient parmi les points évoqués lors de cette conférence.

Désormais, ce sont de fragiles espoirs qui émergent à travers les différentes médiations onusiennes, régionales et internationales, à l’instar de la désignation en février 2021, à Genève, sous l’égide du Forum pour le Dialogue politique libyen (ardemment soutenu par l’ONU), du GUN dirigé par un Conseil présidentiel, lequel est présidé par Muhammad Al-Menfi, originaire de la ville de Tobrouk, où siège le Parlement, présidé par l’autre «homme fort» de l’est libyen, Aguila Salah Issa.

Aguila en terrain conquis ?

M. Aguila qui effectue une visite officielle de trois jours en Algérie, à l’invitation du président de l’Assemblée populaire nationale (APN). Brahim Boughali, a souligné le rôle de l’Algérie qui se tient aux côtés de la Libye qui « compte sur le soutien du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune et du peuple algérien pour sortir de sa crise qui tire à sa fin », ajoutant que « la Libye a besoin de l’Algérie en toutes circonstances ».

L’Algérie qui avait abrité différents cycles de dialogues depuis mars 2015 entre les parties libyennes dans le cadre du processus du dialogue supervisé par l’ONU, a initié, en mai 2014, la création du « Mécanisme des pays voisins de la Libye » qui a tenu sa première réunion à Alger.

Le 30 août dernier, les travaux de la réunion ministérielle des pays voisins de la Libye ont eu lieu à Alger avec pour objectif d’aider les Libyens à parachever le processus de réconciliation nationale à travers, notamment la tenue, dans les délais, des élections générales prévues le 24 décembre 2021. Les ministres des Affaires étrangères de Libye, de Tunisie, d’Egypte, du Niger, du Tchad, du Soudan et de la République du Congo ont participé à cette réunion présidée par le ministre des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra.

Le président du Parlement libyen qui a reconnu ce rôle de l’Algérie s’est dit « ravi de l’invitation qu’il a reçue de l’Algérie », à laquelle la Libye « est liée par des relations séculaires qui remontent à la lutte contre l’occupation française »,  

 « Nous avons besoin de notre voisine l’Algérie en toutes circonstances, nous sommes en contact avec l’Algérie dont nous n’oublions jamais les positions en notre faveur durant les circonstances difficiles traversées par la Libye », ajoute le responsable libyen.

Il faut dire que le scrutin présidentiel du 24 décembre représente une dernière chance pour la paix. Ça sera un long processus qui commencera par le référendum constitutionnel, qui  devrait avoir lieu avant décembre 2021,   afin de permettre à la population de se prononcer sur l’adoption d’une nouvelle constitution. Les élections législatives libyennes auront lieu fin janvier, un mois après l’élection présidentielle.

Par ce processus, la Libye  tente de tourner la page d’une décennie de chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, chassé du pouvoir et tué après huit mois de révolte populaire.

N. A.

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