Proche-Orient : Israël nourrit l’escalade

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Par Amar R.

Une escalade verbale entre l’Iran et l’entité sioniste à la suite du lancement samedi soir de plus de 300 missiles, missiles de croisière et drones vers les territoires occupés, fait peser une menace d’embrasement du Moyen-Orient, malgré la pression internationale pour éviter une nouvelle escalade du conflit dans la région.

Quelques jours après l’attaque de l’Iran par drones et missiles dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 avril, l’armée d’occupation en Palestine prévient que l’Iran ne sortira « pas indemne » de son attaque. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à une telle agression », a déclaré le porte-parole de l’armée sioniste. Le chef d’état-major militaire Herzi Halevi avait aussi promis que le lancement de plus de 300 missiles, missiles de croisière et drones vers la Palestine occupée « entraînerait une réponse », mais n’a donné aucun détail. Cela étant, bien que l’attaque n’ait causé aucun mort et peu de dégâts, grâce aux défenses aériennes des pays alliés, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que celles de ses voisins arabes sunnites, notamment l’Arabie saoudite, les EAU et la Jordanie, l’occupation a promis de « riposter ».

 L’Iran dénonce le soutien aveugle de l’Occident

De son côté, l’Iran, qui a lancé cette attaque en représailles à une frappe aérienne contre son ambassade à Damas, le 1er avril, a, bien qu’ayant indiqué qu’il ne cherchait pas une nouvelle escalade, promis une «réponse sévère» et «douloureuse» en cas de représailles de l’entité sioniste. Rappelant que son pays avait visé ce week-end, « en exerçant son droit à l’autodéfense », les « centres » où avait été organisé le bombardement, le président iranien Ebrahim Raïssi a souligné que cette opération inédite « a été menée à bien avec succès avec l’objectif de punir l’agresseur ».

Le président iranien a par ailleurs de nouveau dénoncé « le soutien aveugle de certains pays occidentaux au régime sioniste », qui est « une cause de tension dans la région », selon le communiqué.

Une dénonciation qui intervient alors que le gouvernement d’occupation tente de tirer les dividendes de l’attaque de l’Iran, à en juger par la déclaration du ministre sioniste des affaires étrangères, Israël Katz, qu’il « menait une attaque diplomatique », écrivant à 32 pays pour leur demander d’imposer des sanctions sur le programme de missiles iranien et d’inscrire le corps des Gardiens de la révolution en tant que groupe terroriste.

De leur côté, les grandes puissances tentent d’éviter une nouvelle escalade du conflit, en lançant des appels à la retenue.

Le président Joe Biden a déclaré ce week-end au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que les États-Unis, principal protecteur d’Israël, ne participeraient pas à une contre-attaque israélienne.

Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine appelle Israël et l’Iran à la « retenue », lors d’un entretien avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi, mettant en garde contre les « conséquences catastrophiques » de toute nouvelle escalade.

« Vladimir Poutine a exprimé l’espoir que toutes les parties feraient preuve d’une retenue raisonnable », a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

La situation à Ghaza, quant à elle, ne cesse d’empirer, avec l’intervention des chars de l’armée d’occupation dans le nord de Ghaza alors que des avions de guerre ont lancé des frappes à Rafah, plus au sud, tuant et blessant plusieurs personnes.

 L’ONU appelle à mettre fin au soutien aux attaques des colons

Le haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme a, par ailleurs, appelé hier l’occupation à cesser de soutenir les attaques des colons en Cisjordanie occupée, qui a connu une recrudescence des raids israéliens avec 466 personnes tuées par les forces sionistes ou par les colons.

« Israël, en tant que puissance occupante, doit prendre toutes les mesures en son pouvoir pour rétablir et garantir, dans la mesure du possible, l’ordre public et la sécurité en Cisjordanie occupée », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du haut commissaire des nations unies aux droits de l’homme.

« Cette obligation inclut la protection des Palestiniens contre les attaques des colons et la fin du recours illégal à la force contre les Palestiniens par les forces de sécurité israéliennes. »

Elle a ajouté : «Les forces de sécurité israéliennes doivent immédiatement mettre fin à leur participation active et à leur soutien aux attaques des colons contre les Palestiniens.»

A.R.