Projet de la mine de Gara Djebilet : L’Algérie, futur leader régional en sidérurgie

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Projet de la mine de Gara Djebilet : L'Algérie, futur leader régional en sidérurgie

Le projet de la mine de Gara Djebilet revêt un caractère stratégique non seulement pour le développement national de l’industrie sidérurgique, mais également régional. L’exploitation de ce grand gisement couvrira non seulement les besoins de l’Algérie, mais aussi ceux des marchés africains et européens.

PAR NABIL M.

Procédant jeudi à la pose de la première pierre du projet de réalisation d’une usine de traitement primaire du minerai de fer dans la wilaya de Tindouf, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que le gisement de Gara Djebilet ouvrait de grandes perspectives économiques et de développement pour l’Algérie.

Entrée en phase d’exploitation et de valorisation depuis plus d’une année, la mine de fer Gara Djebilet est une des plus grandes au monde en termes de réserves avec près de 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer et une capacité de production de 2 à 3 millions de tonnes par an dans une première étape (2022-2025), avant de passer à un niveau de production allant de 40 à 50 millions de tonnes par an dès 2026.

Ce mégaprojet permettra non seulement de sécuriser l’approvisionnement des usines nationales de métallurgie et de sidérurgie, mais également d’approvisionner ceux de la zone Afrique et Europe. Ce qui permettra à l’Algérie de diversifier son économie en s’appuyant sur le secteur sidérurgique pour alléger la dépendance aux hydrocarbures, qui sont restés longtemps la principale source de revenus du pays.

Un tissu sidérurgique prometteur

Au cours de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tindouf, le chef de l’Etat n’a pas manqué de rappeler l’importance d’exporter de la matière première transformée en Algérie et éviter de la vendre en état brut, ce qui assurera de la valeur ajoutée et générera plus de profits à l’économie nationale.

Dans ce sens, le président a insisté sur le lancement immédiat de la réalisation du complexe sidérurgique de Béchar, destinée à la production du rail et du profilé en acier, afin d’être « au rendez-vous en septembre 2026 », a-t-il souligné. Ce complexe, dont la réalisation sera assurée par le consortium chinois CMH, qui regroupe trois grandes sociétés chinoises, à savoir CWE, MCC, en partenariat avec l’entreprise national de fer et de l’acier (Feraal), pour un investissement d’un milliard de dollars, sera réalisé dans la zone industrielle de Toumiat, dans la wilaya de Béchar. Il s’inscrit dans le cadre de l’exploitation intégrée de la mine à travers une série d’installations et d’infrastructures, dont la ligne ferroviaire Gara Djebilet-Béchar et l’usine de traitement primaire du minerai de fer.

Abordant l’importance du secteur au niveau du commerce extérieur, tout en saluant le « grand développement » de l’industrie sidérurgique en Algérie, le chef de l’Etat a indiqué que les produits algériens, tels que le rond à béton, sont demandés et recherchés sur les marchés internationaux, notamment en Afrique, en Europe et en Asie, grâce aux usines d’Oran et de Bellara (Jijel). Il faut noter que grâce aux complexes d’El-Hadjar (Annaba), Bellara (Jijel) et Bethioua (Oran), la production sidérurgique de l’Algérie a enregistré une forte croissance, en passant de 1 million de tonnes en 2013 à 6 millions de tonnes en 2023, selon les chiffres du groupe Sonarem.  Cette production devrait doubler pour atteindre 12 millions de tonnes à l’horizon 2026.

Ainsi, l’Algérie ambitionne non seulement d’en finir définitivement avec l’importation de la matière première, mais de devenir un pays exportateur par excellence à partir de 2026, l’année dans laquelle la production du gisement de Gara Djebilet atteindra sa vitesse de croisière. Une production qui permettra de couvrir toute l’activité de transformation du fer en Algérie, ce qui va donner une nouvelle dynamique au développement et à la relance économiques du pays, et permettra d’engranger des recettes supplémentaires hors hydrocarbures.

N. M.