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Propagation du Covid-19 en milieu scolaire : L’école ravagée par Omicron

/Nos écoles sont-elles devenues des clusters Covid ? Cela semble une évidence au vu de la vitesse de propagation du virus en milieu scolaire.

Une importante hausse du nombre de contaminations au sein des écoles a poussé certains responsables d’établissements scolaires à prendre l’initiative de suspendre les cours et cela afin de stopper l’expansion de la pandémie. C’est le cas du lycée Abdelmalek Benhamoud, situé dans la commune de Ain Benian, un établissement qui a fermé ses portes aux élèves depuis lundi dernier, et cela, après avoir enregistré de nombreuses contaminations au Covid-19 aussi bien chez les lycéens que chez le corps enseignant. Alors que la durée de fermeture n’a pas encore été déterminée, le responsable de l’établissement s’est dépêché d’adresser un rapport à la direction de l’éducation pour décider de la suite des choses. Même scénario au niveau de l’école primaire Hamana située à Baba Hassen dont les élèves ont été accueillis hier par une note placardée sur le portail principal annonçant la fermeture de l’école pour une durée de dix jours à cause de la pandémie.  Dans la commune de Chéraga, ce sont les enseignants de l’école primaire Kaddour Chaâlal qui sont sortis hier dans la rue pour exiger la fermeture de l’établissement au vu de la hausse du nombre de contaminations.  

Les écoles privées fermées exigent des tests négatifs à la reprise  

Le secteur privé n’est pas épargné par le virus, à l’image du groupe scolaire Excellence situé à l’Ouest de la capitale dont la directrice générale a décidé de l’arrêt des cours pendant deux jours et cela au niveau des trois cycles. Un arrêt volontaire décidé après avoir constaté de nombreux cas de contaminations au Covid-19 chez les écoliers et dont les responsables profiteront pour procéder à la désinfection des différents établissements du groupe scolaire. Alors que les enfants du cycle primaire rejoindront les bancs de leur école dimanche, ceux des cycles moyen et secondaire devront, pour leur part, présenter un test Covid négatif pour pouvoir accéder à leurs classes, précise une note adressée aux parents d’élèves. Si cela semble assez radical aux yeux de certains, la directrice de l’école affirme prendre très au sérieux la sécurité sanitaires des élèves mais aussi de celle de ses employés surtout face à l’inconscience de certains parents qui même atteints du Covid n’ont pas hésité à envoyer leurs enfants en cours. «Nous avons déjà prié les parents de se montrer coopératifs en évitant d’envoyer leurs enfants malades à l’école mais cela n’a pas été pris en considération», déplore Mme Abbès. De son côté, le groupe scolaire Descartes situé à Kouba, a prié les parents d’élèves de garder leurs enfants à la maison en cas de manifestations de symptômes Covid  en indiquant que le variant Omicron est moins dangereux que le Delta pour les rassurer.

Les parents d’élèves appellent Belabed à prendre ses responsabilités

Accusant les inspecteurs de l’éducation de dresser des rapports erronés sur la situation épidémiologique au sein des écoles, l’Association nationale des parents d’élèves, par le biais de son président Khaled Ahmed, n’a pas hésité à adresser un courrier à la tutelle pour dénoncer le relâchement totale du respect des gestes barrières au sein des écoles. Dans ce sens, il a appelé le département de Belabed à prendre ses responsabilités avant que la situation ne dégénère. Pour sa part, l’Organisation nationale des parents d’élèves préfère temporiser. «Nous faisons confiance au comité scientifique qui, selon nous, est seul apte à décider de la gravité de la situation au sein des écoles. Nous ne sommes pas pour faire pression mais pour veiller sur l’intérêt de nos enfants mais cela ne fait pas de nous des experts en la santé», a déclaré Ali Benzina, président de l’ONPE.

Le Cnapeste pointe du doigt le «laxisme de la tutelle»

De son côté, Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national des travailleurs du secteur ternaire de l’éducation nous a fait part de son incompréhension face à l’absence d’initiative de la part de la tutelle. «Je vais être franc avec vous et vous dire que la situation est dangereuse, nous sommes dans le rouge car la quasi-totalité des établissements scolaires ont été touchés par le virus. Je ne comprends pas pourquoi le ministère tarde à prendre les mesures nécessaires», s’est-il interrogé. Concernant la réactivation de l’instruction interministérielle du 10 janvier 2021 qui définit les mesures de renforcement du protocole sanitaire au sein des écoles, le syndicaliste a jugé cette initiative «insuffisante» en préconisant à la tutelle de traiter la situation «au cas par cas». «Des mesures importantes doivent être prises. S’il faut aller vers la fermeture de certaines écoles ou dispenser certaines classes de cours, qu’ils le fassent. La situation a dépassé la question du respect du protocole sanitaire», a-t-il déclaré. Aussi, dans ce sens, Boudiba a appelé les autorités à faciliter le dépistage du Covid-19 dans les écoles et cela en rendant les tests disponibles gratuits. «Il ne faut pas se voiler la face, un père de famille avec 3 enfants scolarisés n’a pas les moyens de payer des tests PCR ou antigénique, c’est pour cela qu’il y a des parents qui ferment les yeux sur la contamination de leurs enfants», a-t-il ajouté.

W. S.

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