Rachid Nedil, président de l’ARH : «On exportera de l’essence cette année et du mazout à partir de 2027»

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PAR BRAHIM AZIEZ

L’Algérie, qui n’importe plus de carburant depuis 2023, en a toutefois exporté en 2022 et 2023. C’est du moins ce qu’a révélé, hier sur les plateaux d’une télévision algérienne, Rachid Nedil, président de l’autorité de régulation des hydrocarbures (ARH). Celui-ci a affirmé : « Nous avons exporté de petites quantités de carburant l’année dernière et celle d’avant, du mazout essentiellement, années durant lesquelles nous avions enregistré un
excédent de production en raison de la baisse de la demande locale. »

Il est vrai qu’avec la crise sanitaire de 2020 et l’arrêt des importations, la consommation de carburant avait relativement baissé en raison du recul des activités liées au transport.
Mais « aujourd’hui, nous pouvons exporter de l’essence uniquement, du fait du fort excédent de production qui est enregistrée, mais pas de mazout, car il faut prioriser la demande locale qui reprend », ajoutera Rachid Nedil, qui précisera que la raffinerie de Hassi Messaoud produira 2,7 millions de tonnes de gasoil à l’horizon 2027, « quantité qu’on pourra envisager pour l’export ». Le président de l’ARH soulignera que ce créneau pourra être très rentable en raison des prix des produits pétroliers transformés ou raffinés qui sont nettement plus
intéressants que l’exportation du pétrole à l’état brut.

En juillet dernier, le président de l’autorité de régulation des hydrocarbures annonçait que la consommation nationale des produits pétroliers avait enregistré une hausse de
6,7% au cours du premier semestre 2023, atteignant près de 8,69 millions de tonnes, en raison de la dynamique économique que connaît le pays. Une tendance qui a dû se poursuivre au second semestre de l’année écoulée, sachant que la reprise économique s’est accélérée tout au long de l’année.

Le marché africain en point de mire

Du coup, si les exportations algériennes en carburant devraient s’orienter vers l’essence cette année, elles seront élargies au mazout dès l’entrée en production de la raffinerie de Hassi Messaoud en 2027 avec une plus-value certaine. Cette plus-value sera encore
plus importante avec l’entrée en vigueur, dans toute sa dimension, de la Zlecaf, sachant que l’Afrique importe l’essentiel de son carburant. Des importations qui se font de Russie depuis 2 ans, alors qu’auparavant elles se faisaient depuis l’Europe.

En effet, selon les données de suivi des navires, les exportations russes d’essence ont augmenté de près de 50% en glissement annuel. La Russie a intensifié ses expéditions de carburant vers des pays africains, tels que le Nigeria, la Tunisie, le Maroc et la Libye, après
que l’union européenne a interdit les produits russes le 5 février, selon le site Marketscreener qui reprend une information de l’agence Reuter. Et le choix de ces pays africains pour le carburant russe est étroitement lié au prix.

Avec les avantages (douaniers) de la Zlecaf et la transsaharienne qui trace la route vers
l’Afrique de l’Ouest, l’Algérie pourrait tirer un grand bénéfice de l’exportation de son excédent de carburant vers les pays du continent qui ne disposent pas de grands moyens
de raffinage.

B. A