Réforme de la ligue arabe : La nouvelle initiative d’Alger

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la réforme de la ligue arabe en discussion au sommet arabe d'Alger

Une nouvelle initiative visant la réforme de la ligue arabe et la mise au diapason de ses rôles et actions en tant qu’instrument de coopération est au centre des discussions des travaux du 31e sommet de cette organisation, qui s’est ouvert hier à Alger.

Initiée par l’Algérie, cette nouvelle initiative de réforme s’appuie sur «plusieurs idées», qui seront soumises au sommet arabe par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a affirmé avant-hier le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors d’une conférence de presse à Alger.

Sans fournir de plus amples détails, le ministre des AE, cité par l’APS, a néanmoins ébauché les contours et les enjeux de cette nouvelle démarche, signifiant de prime abord que l’Algérie accorde «une extrême importance» à la question de la réforme de la ligue arabe.

Dans cet ordre d’idées, il a notamment mis en évidence l’importance de la société civile «dont le rôle, s’il est pleinement accompli, fera avancer l’action arabe commune», a-t-il dit, ajoutant que le rôle des sociétés civiles procède «d’une grande force à la faveur de la participation des élites arabes, de la jeunesse et de l’élément féminin, d’autant plus qu’elle ouvre des perspectives à la modernisation de l’action arabe commune».

De même, a-t-il fait savoir, le président de la République entend également plaider en faveur d’une «relance du système de la ligue arabe relatif à la prévention des conflits et à la contribution à leur résolution». Dans le même contexte, Salah Boucha, ambassadeur-conseiller auprès du ministre des Affaires étrangères, a souligné de son côté que la réforme de la ligue arabe relève de la responsabilité de «tout le monde», car une telle réforme, a-t-il tenu à préciser, est une question «de consensus et de volonté politique».

«Oser proposer des méthodes évoluées»

Lors de son passage avant-hier à l’émission «L’invité de la rédaction» de la radio nationale, Salah Boucha a fait état de résolutions importantes qui seront soumises au sommet d’Alger, dont notamment celles introduites «pour la première autour de la question de l’activité des organisations non gouvernementales, leur place dans la société et comment elles pourraient faire évoluer les décisions politiques dans le monde arabe».

Les dirigeants des pays arabes, a-t-il avancé, ont bien accueilli cette initiative et ils vont «décider de la forme finale à donner à cette résolution, dans le cadre de la réforme de la ligue arabe».

A ce propos, le conseiller du ministre des AE a estimé qu’il était plus approprié d’évoquer, dans le contexte actuel, «non pas un changement des instances de la ligue arabe, mais plutôt sa modernisation», dès lors que ces instances, a-t-il noté, «ne sont que le produit de la volonté politique des pays arabes, et la ligue arabe n’est que le reflet de ces mêmes pays».

Aussi, l’organisation panarabe, a-t-il rappelé, «est d’abord un instrument de coopération multilatéral, à l’instar de l’union africaine et de celle européenne, ce pourquoi se sont ses performances qui déterminent ses résultats». Pour le conseiller du ministre des AE, «réformer la ligue arabe, c’est oser proposer des méthodes évoluées». Les idées et le débat, a-t-il assuré en définitive, «existent et il faut appliquer les réformes, ce qui commence effectivement à se faire et nous sommes derrière, car nous souhaitons sincèrement que l’on évolue sur ce chapitre».

Par R. Akli