Regrettant les frappes Anglo-Américaines contre le Yémen : Alger appelle à régler les véritables causes de la crise

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Les Etats-Unis et le Royaume-Uni mènent des frappes au Yémen

Les frappes anglo-américaines ont provoqué une onde de choc. Elles interviennent à contre-courant d’une communauté internationale attachée à trouver une solution pour Ghaza et le conflit au Yémen. Elles ouvrent la voie d’un risque d’embrasement de la région.

PAR DJILALI B.

Alors qu’est attendue une retenue de la machine meurtrière israélienne après la tournée du secrétaire d’Etat américain au Moyen-Orient, les Etats-Unis avec le Royaume-Uni ont lancé des frappes contre le Yémen en ciblant, selon le Pentagone, des sites liés aux houthis.
Plusieurs victimes civiles ont été enregistrées par ces frappes qui ont provoqué déjà des incendies.

Des centaines de milliers de Yéménites sont descendus hier dans la rue à Sanaa mais aussi dans d’autres villes pour exprimer leur soutien aux houthis et dénoncer l’attitude criminelle des EtatsUnis et du Royaume-Uni. En réaction, les houthis menacent de s’en prendre aux intérêts américains et anglais. Certaines capitales étaient gênées et contrariées par le passage à l’acte des Américains, au moment où des initiatives sont mises en œuvre particulièrement pour ramener les rebelles yéménites à déposer les armes et à signer un accord de paix. Initiative dans laquelle est directement impliquée l’Arabie saoudite, qui regrette d’ailleurs aujourd’hui les frappes américaines alors qu’il y a d’autres moyens et d’autres solutions, selon Riyad, qui se démarque de cette nouvelle coalition et de ses options strictement militaires avec leur risque d’embrasser toute la région.

Le rapprochement entre Téhéran et Riyad annonçait le début de la solution à la crise du Yémen. Les frappes israéliennes sur Ghaza avec leur lot de victimes et de destruction ont contribué à ajourner le dossier de la paix au Yémen que les nouvelles frappes américaines risquent de renvoyer aux calendes grecques. Et le risque d’une escalade et de l’embrasement de la région n’est pas à écarter. L’Algérie a exprimé hier sa préoccupation et ses regrets suite aux frappes américaines et britanniques qui ont ciblé plusieurs villes du
Yémen. Alger a estimé que cette escalade risque de saper les efforts de la communauté internationale et des pays de la région pour trouver une solution au conflit au Yémen,
selon un communiqué des affaires étrangères. Alger rappelle que la sécurité maritime en mer Rouge ne peut être assurée en ignorant son lien avec les crimes israéliens à Ghaza.

L’Algérie rappelle une nouvelle fois sa position de rejet des interventions militaires
étrangères en raison de leurs conséquences catastrophiques pour la paix dans le monde.
Et appelle les parties à cesser cette dangereuse disproportionnée escalade militaire et
de s’atteler à régler les véritables causes de la crise. Etape importante de la tournée
d’Antony Blinken au Moyen-Orient, la Turquie d’Erdogan a dénoncé a dénoncé hier
« une réponse disproportionnée », estimant que les Américains et les Britanniques cherchent un bain de sang en mer Rouge.

La réaction la plus ferme est venue de la Russie, qui a demandé une session urgente
du conseil de sécurité de l’ONU pour examiner cette nouvelle situation induite par les
frappes américaines au Yémen et leurs conséquences sur la sécurité de la région,
mais aussi surtout sur le trafic maritime en mer Rouge. Le Kremlin a dénoncé des
frappes illégitimes du point de vue du droit international.

De son côté, Pékin a appelé « les parties à faire preuve de calme et de retenue pour éviter une nouvelle escalade des tensions dans la région de la mer Rouge », a déclaré hier
une porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. Par ailleurs, le ministère irakien des affaires étrangères a condamné les frappes américaines et britanniques, avertissant que cette agression étendrait la guerre dans la région. Cela ne ferait, selon
Baghdad, « qu’élargir la portée des cibles et ne résoudra pas le problème, mais élargira
davantage la portée de la guerre ».

Le chef de la diplomatie jordanienne Ayman al-Safadi a déclaré que « la Jordanie
suit avec inquiétude l’évolution de la situation dans la région de la mer Rouge et ses
répercussions sur la sécurité régionale en général ». Il estime en outre que l’agression sioniste brutale contre Ghaza et ses violations des droits des Palestiniens constituent « la
plus grande menace pour la stabilité et la sécurité de la région ».

Les frappes, et la promesse des houthis de s’en prendre aux intérêts américains et
britanniques, vont, sans aucun doute, élargir le territoire des opérations ainsi que l’éventail des cibles des rebelles yéménites, notamment dans la mer Rouge dont le trafic
a sensiblement baissé en raison des tirs houthis, qui risquent malheureusement de s’intensifier.

Les flux commerciaux, notamment vers l’Europe, vont être détournés pour passer
par le cap de Bonne Espérance et induire des surcoûts du fret en plus des assurances qui
connaîtront un bond en raison des risques. L’économie mondiale déjà suffisamment
affectée avec la guerre en Ukraine, la guerre contre Ghaza, s’en ressentira davantage avec
la menace qui pèsera encore plus sur la mer Rouge.

D. B.