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Relations algéro-françaises, question mémorielles : Lamamra met les points sur les «i»

/C’est une véritable mise au point au sujet de certaines idées reçues que Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires  étrangères et de la communauté nationale à l’étranger a tenu à faire, à l’endroit des médias, suite à des déclarations de responsables français, au sujet des relations algéro-françaises, le Mali, le Maroc et l’UA.

 «Les relations algéro-françaises sont dans une phase ascendante», a notamment affirmé, tout de go, M. Lamamra lors d’une interview exclusive accordée à RFI et France 24 à partir d’Addis-Abeba. «Les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont une excellente relation personnelle», a-t-il dit, alors qu’il était questionné au sujet de la fin de la brouille diplomatique entre les présidents des deux pays. Et de préciser : «Ils se téléphonent, parfois c’est annoncé, comme la télécommunication du 25 janvier, parfois ce n’est pas annoncé. Donc, la communication entre les deux chefs d’Etat existe, elle est cordiale et confiante. Elle ne suffit pas pour masquer l’existence de problèmes». «Historiquement, les relations algéro-françaises sont bonnes ou mauvaises mais, elles ne sont jamais banales. C’est la raison pour laquelle tout le monde s’y intéresse», a poursuivi Lamamra

«L’Algérie est particulièrement sensible à la sécurité et à la dignité des Algériens»

Sur le même registre, il a précisé : «Nous sommes aujourd’hui, dans une phase ascendante, laborieusement ascendante, parce qu’il y a un grand nombre de difficultés dans cette relation bilatérale. Singulièrement, lorsqu’il s’agit, en ce qui nous concerne, de la protection et de la préservation de la sécurité et de la dignité de nos compatriotes en territoire français. C’est un sujet auquel nous sommes particulièrement sensibles».  Et d’ajouter que «lorsqu’il s’agit d’atteinte à la mémoire et à l’histoire et la dignité du peuple algérien, ou de compatriotes installés en France, ceci constitue souvent des motifs très sérieux de difficulté dans les relations algéro-françaises.» Interrogé au sujet d’une participation de M. Tebboune au sommet entre l’UE et l’UA à Bruxelles auquel l’a invité Macron, M. Lamamra  a répondu : «A ce stade, je n’exclus rien».

«L’interdiction de survoler le ciel algérien n’est pas éternelle»

S’agissant aussi des déclarations selon lesquelles l’Algérie refuserait d’accueillir les algériens «expulsables» de France, le chef de la diplomatie algérienne a souligné, que «cela fait partie aussi des malentendus et que peut-être certaines déclarations ont été amplifiées hors proportions, donnant l’impression qu’il s’agit d’une divergence majeure». D’un ton catégorique, le MAE algérien a affirmé qu’«il est faux de dire que nous refusons de recevoir nos compatriotes qui n’ont plus rien à faire sur le territoire français». Avant d’expliquer que «l’Algérie ne protège pas les personnes qui violent la loi française, de la même manière qu’aucun Etat ne devrait protéger les personnes qui violent la loi algérienne».

«Est-ce civilisé de garder dans un musée les cranes des résistants algériens»

S’agissant des autorisations de vols d’avions français, M. Lamamra  indiqué qu’«il s’agit d’une mesure technique qui n’a pas vocation à durer éternellement» et que «cette question ne doit pas être traitée comme étant quelque chose d’éminemment politique.»

A la question mémorielle, notamment «le massacre d’Oran», il a soutenu que «le respect mutuel voudrait précisément qu’il n’y ait pas d’accusations inutiles et superfétatoires et que nous regardions l’avenir ensemble, avec une vision optimiste ou les intérêts communs de tout ce qui est de nature à promouvoir une convivialité harmonieuse, un partenariat équilibré entre les deux pays».

Il a soutenu que «l’effort de Macron en la matière doit être poursuivi et l’Algérie doit être mise en mesure de récupérer des objets importants de son patrimoine national», en citant notamment le canon de «Baba Merzoug», des archives et quelques cranes de résistants algériens, en se demandant s’il est «civilisé» de «garder dans un musée les cranes des résistants dont on fait des trophées».

A. R.

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