Remaniement ministériel : Un second souffle pour l’équipe gouvernementale

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Réunion du gouvernement

Par Djamel Belbey

Tant attendu, après les critiques publiques à l’endroit de certains ministres, le remaniement ministériel partiel opéré par le président de la République, jeudi dernier, a apporté des changements à la tête de neuf ministères.

Ce remaniement ministériel, annoncé par le porte-parole de la présidence de la République en direct sur la télévision nationale, survient après les critiques publiques formulées par Abdelmadjid Tebboune à l’encontre de la piètre gestion de certains ministres, dont la prestation à la tête de leurs secteurs respectifs, cadrait mal avec le rythme qui était nécessaire à la conduite des réformes.

Lors d’une rencontre avec la presse, le président de la République avait ouvertement exprimé son insatisfaction à l’égard du travail de certains de ses ministres. Une dépêche de l’agence officielle APS évoquait aussi un président «en colère» contre «la cadence de traitement de nombreux dossiers par le gouvernement.»

 Un «nouvel élan» à la diplomatie algérienne

Aussi, parmi les changements opérés lors du remaniement ministériel de jeudi, on enregistre le retour d’Ahmed Attaf à la tête ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, un poste qu’il a occupé entre janvier 1996 et décembre 1999. Diplômé de l’ENA en 1975 et ex-ambassadeur en Inde, en Yougoslavie et au Royaume-Uni, Ahmed Attaf, qui vient en remplacement de Ramtane Lamamra, est attendu pour donner un nouveau souffle à la diplomatie algérienne, à l’aune des bouleversements géostratégiques qui ont lieu au double plan régional et international, et dans le respect des principes de non-alignement et de la neutralité positive incarnée par l’Algérie.

«L’expérience et les compétences de Ahmed Attaf vont donner un nouvel élan à la diplomatie algérienne», comme a tenu à le rappeler hier, lors de la cérémonie de passation des consignes, le désormais ancien ministre des AE Ramtane Lamamra.

Le nouveau ministre des AE, Ahmed Attaf, a également occupé le poste de secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères chargé des affaires africaines et maghrébines.

«Mise à jour» des plans de travail au Commerce

L’autre changement opéré par le président de la République concerne le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations. Kamel Rezig, qui était en poste depuis janvier 2020, a survécu aux remaniements et changements opérés par M. Tebboune depuis son élection en 2019.

Ayant fait l’objet récemment de critiques en raison de sa gestion jugée catastrophique du secteur du commerce, qui demeure englué dans la bureaucratie et soumis au diktat de l’informel, il est remplacé par Tayeb Zitouni, ex-PDG de la Safex, qui a occupé le poste de président d’APC d’Alger-centre et actuel président du parti du Rassemblement national démocratique (RND).

Le nouveau ministre du Commerce, qui ambitionne de «mettre à jour les plans et les méthodes de travail» de son département pour faire face aux défis géopolitiques et stratégiques qui s’imposent au pays, souligne notamment que «la nourriture des Algériens est une ligne rouge.»

Redynamisation de l’industrie

Ahmed Zeghdar, qui occupait jusque-là le poste de ministre de l’Industrie, quitte le gouvernement et est remplacé par Ali Aoun, qui héritera du nouveau ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique et dont l’expérience à la tête de l’entreprise Saidal, et du ministère de l’Industrie pharmaceutique, au cours de laquelle il a relancé la production d’insuline et réduit la tension sur le médicament, sera on ne peut plus utile pour la redynamisation de l’industrie dans ses différentes branches.

Kamel Beldjoud quitte aussi le gouvernement, après avoir perdu son poste au ministère de l’Intérieur lors du remaniement d’il y a six mois, et cède cette fois-ci sa place à Youcef Chorfa, qui occupait le poste de ministre du Travail.

Un portefeuille que M. Tebboune a décidé de confier à Fayçal Bentaleb, ancien directeur général de la Caisse nationale des assurances (Cnas). Au ministère de la Numérisation et des Statistiques, Meriem Benmiloud remplace Hocine Cherhabil.

Le président de la République a nommé à la tête du département de la Jeunesse et des Sports, Abderrahmane Hammad, un athlète spécialiste du saut en hauteur et un ancien président du COA, qui remplace Abderrazak Sebgag.

Le département des finances est également concerné par ces changements, puisque le chef de l’Etat a remplacé Ibrahim Djamel Kassali par Abdelaziz Fayed, qui occupait jusque-là le poste de directeur général du budget au niveau de ce département ministériel.

Taha Derbal est désigné ministre de l’Hydraulique.

Dj. B.