Retour de l’importation des intrants avicoles depuis l’Espagne : Vers des prix abordables du poulet pendant le ramadan

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Communiquée par l’Abef aux banques, l’autorisation de l’importation des intrants avicoles depuis l’Espagne devrait contribuer à la stabilisation du marché de la volaille en Algérie.

PAR ZINE HADDADI

La mesure a été saluée hier par le président de la fédération nationale des aviculteurs, Ali Benchaiba, contacté par l’Algérie Aujourd’hui. Dans une note adressée aux banques et aux établissements financiers qui lui sont affiliés, l’Abef a fait savoir que l’importation des intrants avicoles, en l’occurrence le poussin repro chair, le poussin repro ponte et l’œuf à couver depuis l’Espagne, est autorisée.

Ainsi, les banques sont autorisées à domicilier les transactions liées à l’importation des produits cités en provenance d’Espagne.

Benchaiba : «Le marché sera rapidement impacté»

« C’est une mesure qui contribuera à réguler le marché du poulet à court et à long termes », a estimé Ali Benchaiba. L’importation de l’œuf à couver peut très rapidement impacter le marché local, a indiqué le président de la fédération nationale des aviculteurs, puisque ce produit est destiné à devenir du poulet de chair à consommer dans une période allant jusqu’à 65 jours.

Cette mesure d’urgence pour couvrir les besoins du marché national devrait impacter positivement le prix du poulet durant le mois de ramadan prochain. La décision vient s’ajouter aux préparatifs du mois sacré entamés par plusieurs départements ministériels dont le commerce et l’agriculture, notamment en matière d’importation des viandes très largement consommées durant cette période de l’année.

« L’importation de l’œuf à couver va permettre d’avoir une production de poulet suffisante pour satisfaire le marché national durant le mois de ramadan avec des prix abordables pour les consommateurs », a expliqué Ali Benchaiba.

D’autre part, l’importation des poussins repro chair et ponte devrait contribuer à asseoir une stabilité du marché pour les mois à venir. « Pour le poussin repro chair et repro ponte, l’impact se fera sentir au moins à partir de huit mois. Ces mesures permettront de faire baisser les prix du poussin chair à long terme. Ces derniers temps, il a dépassé les 200 DA, tandis que quand la chaîne était maîtrisée avant la perturbation, il coûtait moins de 100 DA », détaille le président de la FNA, qui a rappelé que l’Espagne a toujours été un fournisseur privilégié de la filière.

Si le retour de l’importation des intrants avicoles en provenance d’Espagne est perçu
avec satisfaction, il ne doit pas devenir la norme, au risque de provoquer l’effet inverse de celui recherché, a-t-il prévenu.

«Il ne faut pas tomber dans la surproduction»

« C’est bien de permettre l’importation pour réguler le marché qui a connu une phase de perturbation qui persiste jusqu’à l’heure actuelle, même si les prix ont légèrement baissé, mais il faut se limiter à cet objectif et ne pas pénaliser les producteurs », a mis en garde Ali Benchaiba.

Pour le président de la FNA, l’importation doit juste permettre de stabiliser le marché par une production qui correspond au besoin, en évitant de tomber dans le piège de la surproduction. « Tomber dans la surproduction dissuadera les éleveurs de produire en raison des prix très bas qui leur sont pénalisants. A terme, cela conduira une nouvelle fois à la
perturbation du marché », détaille-t-il.

Ainsi, l’idéal est d’atteindre l’équilibre entre la production et le besoin, de sorte à trouver le juste milieu avec des prix abordables souhaités par les consommateurs et qui ne soit pas pénalisant pour les producteurs. Pour ce faire, le président de la fédération nationale des aviculteurs appelle les autorités à mettre en place un dispositif de régulation basé sur des statistiques fiables sur la production et sur le besoin réel du marché national afin de maîtriser le marché.

« Le travail de régulation doit être entamé dès maintenant. Il faut avoir les chiffres exacts de la situation actuelle et se projeter vers l’avenir afin d’avoir la production qui permette aux citoyens d’accéder au poulet à des prix raisonnables et aux producteurs de trouver leur compte », suggère Ali Benchaiba.

Z. H.