Réussir le recensement général du secteur agricole : Le ministère de l’agriculture face à un défi de taille

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PAR ZINE HADDADI

Avoir des statistiques fiables qui reflètent la véritable réalité du secteur agricole, c’est l’objectif recherché par le ministère de l’agriculture à travers la préparation de l’opération de recensement qui n’a plus été organisée depuis 2001. Pour réussir son opération, le ministère de l’agriculture a commencé à recenser au niveau de six wilayas réparties sur les différentes régions du pays.

Le recensement entamé dimanche à d’In Zghmir (Adrar), Aïn Naga (Biskra), Aïn Elbel (Djelfa), Oued Taria (Mascara), Dréan (El-Tarf) et Hameurlaïne (Tipaza) servira de test grandeur nature en vue de la grande opération de recensement général du secteur de l’agriculture. Invité de la chaîne 1 de la radio nationale, le directeur des systèmes d’information au niveau du ministère de l’agriculture et du développement rural, Mohamed Tifouri, est revenu sur les préparatifs de la grande opération de recensement.

Un test avant le recensement général

L’opération dans les six wilayas citées, qui a commencé le 18 février et qui s’étale sur quinze jours, a pour objectif de mettre en application les procédés techniques et opérationnels en vue du recensement général, a indiqué Mohamed Tifouri. Les agents de recensement qui seront dépêchés au niveau des exploitations agricoles sont chargés de récolter le maximum d’informations sur tout ce qui concerne la production, l’élevage, le raccordement à l’énergie et aux télécommunications, les surfaces agricoles, l’irrigation, a-til ajouté.

Les statistiques doivent être le plus fidèle possible à la réalité du terrain. Le président de la
République avait exprimé son mécontentement concernant les chiffres erronés qui étaient disponibles au niveau du secteur de l’agriculture. Il avait déploré, lors des assises de l’agriculture, le fait que la surface agricole était réellement de 1,8 million d’hectares et non de 3 millions d’hectares, tout comme le cheptel qui est de 19 millions de têtes au lieu des 29 millions qui étaient annoncés. Il est impossible d’asseoir une stratégie efficace pour le secteur agricole sans disposer des vrais chiffres. Le ministère en est conscient. C’est pour cela qu’une grande importance est accordée à l’opération de recensement général, d’autant plus que la dernière opération de ce genre remonte à 23 ans.

Le ministère met les moyens pour garantir la fiabilité des chiffres récoltés

« Comme il y a beaucoup d’intervenants, que ce soit au niveau central ou local, nous testons la fluidité de la transmission des informations ainsi que la coordination de l’opération afin d’avoir des données précises », a expliqué le directeur des systèmes d’information au niveau du ministère de l’agriculture. En plus de mettre les moyens technologiques, le ministère de l’agriculture a décidé d’envoyer des contrôleurs de veiller à la réussite de l’opération en supervisant le travail des agents de recensement a-t-il poursuivi. « Il est très important pour le secteur comme pour l’agriculture d’avoir les vraies données pour pouvoir mettre en place des politiques de développement adaptées à la réalité », a détaillé Mohamed Tifouri. Verra-t-on la fin des défaillances constatées dans plusieurs filières ces dernières années ? Mohamed Tifouri estime que le recensement permet de trouver le point d’équilibre de chaque filière.

« Protéger les exploitations agricoles tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens. Le
recensement servira de garantir la transparence et d’inclure la numérisation », ajoute-t-il.
Après l’achèvement du recensement général, toutes les exploitations agricoles seront couvertes du réseau GPS relié à la base de données du ministère de l’agriculture, a annoncé Mohamed Tifouri.

Z. H.