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Secteur des Transports : Les révélations choquantes du ministre

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/Loin des discours de langue de bois, le ministre des Transports, Aïssa Bekkaï, dresse un tableau noir de son secteur, gangréné par la mauvaise gestion, la corruption et le gaspillage… Il s’agit selon lui, d’un secteur victime de pratiques frauduleuses qui ont aggravé le déficit budgétaire des entreprises publiques activant sur le terrain à l’exemple de l’ENTMV et la SNTF.

S’agissant du Groupe Algérien de Transport Maritime (GATMA), le ministre des Transports replonge dans le fond des mers pour apporter des réponses à des questions en lien avec les scandales qui éclaboussent ce Groupement depuis des années. Selon M. Bekkaï, la corruption règne en mer. Une description qui renseigne sur la profondeur de cette maladie qui a aggravé le déficit budgétaire des entreprises concernées. S’exprimant au sujet des bateaux algériens qui avaient été bloqués dans des ports étrangers, le ministre donne un chiffre de 5 bateaux, dont les résultats des enquêtes menées par son département ont démontré qu’il s’agit bel et bien de mauvaise gestion. Le ministre usera même d’une expression en arabe pour signifier qu’il y a corruption.

«Il y a eu une tentative de vente du Tarik Ibn Ziyad en ferraille»

Malheureusement, pour le transport maritime, la situation ne s’est pas arrêtée là, le ministre révèle pour la première fois des tentatives de «vente illégale» de l’un des prestigieux bateaux d’Algérie Ferries, Tariq Ibn Ziad. «Il y a eu une tentative de vendre le bateau en ferraille», déplore-t-il, une situation qui renseigne, selon lui de l’ampleur qu’a pris la corruption dans cette filiale. Pour remédier à la situation, le ministre affirme avoir procédé à des changements à la tête de GATMA. «La nouvelle directrice, dit le ministre, a entamé de profondes réformes qui commencent à porter leurs fruits», mais, regrette-t-il, «il est difficile d’éradiquer le phénomène. Il faut le reconnaître, la corruption est toujours présente dans le secteur».

Aïssa Bekkaï lancera une phrase qui résume à elle seule la situation d’une des filiales de GATMA. «Si tu veux étudier la mauvaise gestion, tu n’as qu’à aller à l’ENTMV», dira-t-il. Et le ministre de donner un autre (mauvais) exemple sur cette entreprise. «Elle fonctionnait avec 15 directeurs et les employés étaient payés par des crédits bancaires», s’indigne-t-il.

«A la SNTF, la masse salariale dépasse de 4 fois les recettes»

Outre le transport maritime qui traverse une situation des plus difficiles, c’est le train qui ne pourra jamais siffler sans le coup de pouce du Trésor public. Le déficit dont souffre la société nationale des transports ferroviaires replonge la filiale dans le coma. Selon le premier responsable du secteur, «la masse salariale de l’entreprise dépasse 4 fois ses recettes». Il explique cette hausse importante des charges de l’entreprise par le gaspillage et la gabegie qui caractérisent la gestion de la SNTF. Pour illustrer ses propos, le ministre affirme que «l’entreprise fonctionne avec 52 directeurs.» Du pur gaspillage, déplore-t-il encore.

Enfin, la situation déplorable des entreprises publiques qui activent dans le secteur des transports, est un petit échantillon de la manière avec laquelle sont gérées les entreprises publiques. Cela relance aussi le débat sur la nécessité d’une réforme globale dans le mode de gestion de ces dernières qui attendent toujours le soutien financier de l’Etat pour se remettre en marche… pour un moment.  

A. B.    

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«26 projets de transport aérien et maritime validés»

Le ministre des Transports, Aïssa Bekkaï, a évoqué le dossier de l’investissement dans le domaine du transport maritime et aérien. Il a révélé que pas moins de 26 projets ont été approuvés. «15 accords de principe pour des licences dans le domaine de l’aviation et 11 licences dans le secteur du transport maritime de marchandises et de voyageurs ont été validés. Ces accords ne constituent pas une autorisation définitive pour ces projets», a-t-il annoncé, avant de souligner que l’entrée en vigueur est tributaire de la réunion de toutes les conditions réglementaires et les règles fixant les textes législatifs par les investisseurs. Revenant sur le cas de la compagnie low cost Westaf, le ministre précisera qu’avoir le registre de commerce ne suffit pas, car il y a plusieurs étapes encore à franchir pour obtenir l’autorisation finale d’exercer.

«Lancement de la ligne maritime Algérie/Mauritanie avant la fin du mois»

En plus des révélations faites, le ministre des Transports, Aissa Bekkai a annoncé le lancement d’une ligne commerciale maritime reliant l’Algérie et la Mauritanie avant la fin  du mois actuel. Le ministre a, en effet, indiqué que «Cette ligne régulière serait purement commerciale et destinée principalement à renforcer les échanges entre les opérateurs des deux pays dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, son lancement se fera entre le 20 et le 23 du mois actuel. En tout cas, c’est ce que nous espérons. Toutes les mesures préalables ont été prises afin d’assurer l’efficacité et la pérennité de cette ligne, qui servira à promouvoir les exportations algériennes vers la Mauritanie et le reste des pays africains dans le cadre de la Zone de libre-échange africaine». Toujours selon M. Bekkaï, plusieurs réunions de coordination se sont tenues entre les ministères des transports et du commerce, les exportateurs et les responsables du Groupe de transport maritime « GATMA ».

Nouvelles lignes aériennes vers la Mauritanie et le Sénégal

Dans le même contexte, il a dévoilé «Une nouvelle ligne aérienne sera ouverte entre l’Algérie et la Mauritanie dans les jours à venir  en plus d’une autre ligne aérienne avec le Sénégal. Les liaisons aériennes et maritimes vers la Mauritanie s’accompagneront du renforcement de la ligne terrestre». Le ministre des Transports a rappelé aussi qu’un projet de construction d’une route reliant Tindouf à Zouerate (Mauritanie), qui faciliterait la circulation des camions chargés de marchandises algériennes sera lancé.

F. C.

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