Selon un rapport d’European Hydrogen Backbone : Hydrogène, l’Algérie au centre des projets européens

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Hydrogène vert. Pr Yassaa : «Nous veillons à faire de l'Algérie un centre régional»

/La guerre en Ukraine et la «menace russe» sur le vieux continent sont désormais les deux facteurs accélérateurs de la transition énergétique pour l’Europe. Face à ces éléments, la Commission européenne a publié un plan d’action pour réduire progressivement la consommation des énergies fossiles russes, et ce, bien avant 2030. Une manière d’accroître la résilience du marché énergétique européen.

Le plan en question table sur la migration vers l’hydrogène vert qui devrait être la nouvelle ressource énergétique pour le vieux continent. «Le plan vise à diversifier les approvisionnements en gaz et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables de gaz et d’hydrogène en Europe, se fixant pour objectif d’atteindre 15 millions de tonnes supplémentaires d’hydrogène, soit 5 millions de tonnes produites localement et 10 millions de tonnes importées en plus de 5,6 millions de tonnes prévues dans le cadre du programme Fit for 55 visant la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’une réponse à l’évolution accélérée du marché et à une stratégie européenne d’accroître la sécurité du système énergétique grâce à l’hydrogène», lit-on dans le rapport en question. 

L’Allemagne a déjà sondé le terrain

Certes, la migration vers les énergies nouvelles demeure l’un des principaux objectifs tracé par la Commission européenne sur l’énergie. Cette nouvelle option qui s’offre à elle pour sortir de la dépendance au gaz russe avec un taux de 40%, ouvre un nouveau marché pour l’Algérie qui aspire à fournir le vieux continent en hydrogène dans les années à venir.  D’ailleurs la question était au centre des débats entre l’Algérie et l’Allemagne au début de l’année courante. D’après une étude menée en collaboration entre l’Algérie et l’Allemagne, portant sur l’évaluation des potentialités de l’Algérie en matière de production de l’hydrogène, vert en particulier indique que «l’Algérie jouera un rôle axial dans la production et l’exportation de cette qualité (hydrogène), selon les capacités importantes d’énergies propres à l’instar de l’énergie solaire et éolienne, outre les gazoducs reliés à l’Europe et son expérience dans la production et la  commercialisation du gaz naturel».

Tout passe par l’Italie

Certes, l’Algérie dispose de tous les atouts lui permettant de conquérir le marché européen qui devrait s’ouvrir à partir de 2030, mais la question qui se pose pour l’instant est liée aux moyens de transport ou de canalisation. En effet, après, le gaz dont l’Italie est devenu la nouvelle porte vers l’Europe, cette dernière pourrait devenir dans l’avenir une arrière base de l’Europe pour l’hydrogène également. Selon, European Hydrogen Backbone (EHB) qui est un groupement d’opérateurs activant dans le secteur énergétique, l’existence de l’infrastructure comme le gazoduc Transmed qui assure l’approvisionnement de l’Italie en gaz, le défi de «l’exportation de l’hydrogène vert ne posera pas de problème». «En Europe du Sud, un corridor est susceptible d’émerger reliant l’Algérie, à l’Italie en passant par la Tunisie pour desservir l’Europe centrale. Ce corridor pourra probablement tirer parti des gazoducs existants réaffectés en Italie, en Autriche, en Slovaquie et en République tchèque», explique le rapport. Ce corridor, qui s’appuierait sur d’autres installations que le gazoduc, pourrait fournir également de l’énergie solaire et éolienne à des coûts compétitifs, ce qui permettra de réduire l’émission du gaz à effet de serre des industries au long de la ligne de livraison jusqu’au sud de l’Allemagne ; Bavière, la région Rhin-Main, et la Rhénanie», ajoute le rapport qui évoque aussi la possibilité de mettre en place une autre installation, une sorte d’un gazoduc spécial hydrogène qui relierait l’Algérie à l’Italie sans passer par la Tunisie. Enfin, la question de la transition énergétique abordée récemment par les pays européens va amener de nombreux pays à revoir leur politique énergétique dont l’Algérie qui exprime sa volonté d’aller de l’avant pour suivre l’évolution du marché et profiter également des opportunités qui s’offrent. Il s’agit non seulement d’un moyen de fructifier ses sources de financement, mais également une manière de protéger l’environnement.

A. B.