Sofia Boutella : «Je suis algérienne et fière de l’être»

0
6572

Elle a déjà donné la réplique à Sam muel L. Jackson (Kingsman : Services secrets), Chris Pine (Star Trek : Sans limites), Tom Cruise (La Momie) ou encore Charlize Theron (Atomic Blonde), Sofia Boutella porte pour la première fois de la tête aux épaules un film hollywoodien à gros budget que beaucoup attendaient.

L’actrice algérienne de 41 ans est la tête d’affiche de Rebel Moon, partie 1 : enfant du feu, disponible sur Netflix depuis vendredi 22 décembre 2023.

Elle a répondu aux questions de Télé-Loisirs, la fille de Safi Boutella évoque le film de Zack Snyder et l’évolution du cinéma, son admiration pour Zack Snyder, son personnage ; son enfance en Algérie…

Comment avez-vous été approchée pour ce rôle ?

J’ai auditionné en août 2021. J’ai ensuite fait une visio, avec Zack Snyder, qui a duré presque trois heures ! Il m’a raconté le scénario du début à la fin car je ne l’avais pas. J’ai ensuite fait un screen test aux studios Gower à Los Angeles deux mois plus tard.

Il y a beaucoup de Star Wars dans Rebel Moon…

J’essaye de ne pas trop penser à d’autres films quand je travaille un personnage. Parfois, mon cerveau le fait automatiquement. J’avais vraiment envie de m’appuyer sur une histoire complètement originale, et de ne pas puiser mes inspirations dans un autre personnage. Je me suis dit que Kora était quelqu’un qui existe dans le monde quelque part. J’avais envie de l’imaginer grâce ma compréhension du scénario et mes nombreux échanges avec Zack.
Lui-même ne m’a d’ailleurs donné aucune référence.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le personnage de Kora ?

Au départ, elle va dans la direction opposée de ce qui attire le public dans ce genre de production, c’est-à-dire l’action. Elle ne veut pas se battre, car cela la renvoie à son passé douloureux. C’est un personnage complexe, fort physiquement, mais aussi très vulnérable.
Elle fait face à beaucoup de dilemmes, et a beaucoup de choses enfouies en elle.

Oui, c’est un film de science-fiction qui transporte les spectateurs, fait rêver. Mais il est aussi très humain. Les gens peuvent s’identifier. J’espère que cette vulnérabilité inspirera les gens.

Dans quelle mesure vous êtes-vous sentie proche de ce personnage ?

Je me reconnais en elle, car Kora est, comme moi, une voyageuse. Ayant vécu pendant une guerre civile à la fin des années 1980 avant de partir d’Algérie à l’âge de 10 ans pour grandir en France, je n’avais pas vraiment de sentiment d’appartenance à un pays. Je l’envie parfois chez les autres. J’ai beaucoup dû m’adapter. Je voyais la différence de mentalité ou de culture. Je suis algérienne et fière de l’être, mais je n’ai pas le même sentiment que des gens qui ont vécu toute leur vie là-bas.

Vous avez réalisé toutes vos cascades. Votre passé de danseuse vous sert-il beaucoup dans ce genre de films ?

J’ai effectué toutes mes cascades, hormis un mouvement. Dans tout ce que je fais, mon passé de danseuse me sert, surtout en matière de discipline. Et bien sûr lorsque j’apprends les chorégraphies de combat. Je n’aurais rien pu faire sans ma doublure cascade, qui répétait chaque matin avant que j’arrive sur le plateau. Elle m’apprenait sans cesse des choses, des chorégraphies, tout en veillant à ce que je ne me mette pas en danger. J’aime faire mes cascades moi-même et me dépasser.

Cela me permet aussi de passer plus de temps avec mon personnage. Kora était au combat pendant tellement longtemps. Je n’avais pas d’autre choix que d’avoir envie de me retrouver dans ces situations, pour rester au plus proche d’elle.

Etiez-vous une fan de Zack Snyder ?

Watchmen est un de mes films préférés ! A la fin film, je me rappelle m’être dit : « J’aimerais bien ne jamais l’avoir vu pour le revoir encore pour la première fois ». J’ai souvent ce sentiment quand je regarde un film que j’aime bien. Je suis tellement contente pour Zack, qu’il ait pu faire ce qu’il voulait, ce qu’il imaginait. Il est tellement talentueux.

J’ai beaucoup apprécié qu’il ait le courage, l’envie, la volonté, et la possibilité de donner vie à ce personnage. Zack aurait pu confier le rôle à un homme. Qu’il donne cette opportunité à une femme, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, est extrêmement important et nécessaire. Je lui en suis très reconnaissante.