Sommet africain sur les engrais et la santé des sols : Le rôle pionnier de l’Algérie

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Par Brahim Aziez

L’Algérie, qui prend part au sommet africain sur les engrais et la santé des sols, qui se tient depuis hier dans la capitale kényane Nairobi, a envoyé des messages forts quant à l’implication du pays dans la sécurité alimentaire et la préservation des terres agricoles. Dans une allocution lue en son nom par le ministre de l’agriculture et du développement rural, Abdelmadjid Tebboune a souligné «le rôle pionnier de l’Algérie en matière de production d’engrais au niveau mondial, eu égard à ses capacités de production qui lui permettent de répondre aux besoins du marché local et d’approvisionner le marché mondial ». Le président de la République a ainsi affirmé que «l’Algérie entend poursuivre ses efforts pour développer le gaz naturel, important facteur dans la fabrication des principaux engrais».

Relevant la dimension d’intégration continentale des projets majeurs de développement initiés par l’Algérie, le chef de l’Etat a souligné la disponibilité de l’Algérie à «partager ses expériences en matière de renforcement des capacités humaines dans le domaine de la gestion intégrée et durable des ressources naturelles (eau, sols), et l’investissement dans la production et la distribution d’engrais».

«Doubler les niveaux de production d’engrais à l’horizon 2033»

Et d’ajouter : «Je tiens à saluer nos engagements visant à atteindre des niveaux de production doublés à l’horizon 2033 en matière d’engrais, tout comme je me félicite du plan pratique et durable qui tend à limiter la dégradation de la santé des sols dans le cadre de notre orientation commune vers de nouvelles politiques d’investissement, permettant aux agriculteurs de s’approvisionner de manière facile en engrais et contribuer ainsi à la fertilisation des terres pour augmenter les récoltes.»

Evoquant les défis collectifs que doivent relever les pays africains pour relancer leurs économies et assurer le bien-être de leurs peuples, le président de la République a indiqué que «notre continent dispose des potentialités nécessaires pour subvenir à ses besoins en cette matière vitale, pour la promotion du secteur agricole et le renforcement de notre sécurité alimentaire, en veillant à l’intensification de la coopération au sein des organisations, des institutions économiques et financières et des différents mécanismes réunis dans le cadre de l’union africaine (UA), lesquels œuvrent à soutenir le développement durable dans notre continent à travers la coordination des efforts des gouvernements pour asseoir des politiques intégrées en matière de production et de commercialisation d’engrais, d’échange d’expertise, d’optimisation du niveau des techniques utilisées dans le domaine de l’agriculture et de modernisation des systèmes de production».

Dans ce contexte, le président de la République a mis en avant «la conjoncture actuelle marquée par les répercussions de la crise sanitaire et de la situation géopolitique perturbée dans le monde, avec les effets que cela implique sur la production et l’approvisionnement en produits agricoles de base, conjugués à la hausse des prix sur les marchés internationaux, des effets ayant amené certains petits agriculteurs, représentant la majorité des producteurs dans notre continent, à réduire l’utilisation des engrais nécessaires pour la fertilisation des sols».

L’Algérie et le partage d’expérience

Ainsi, le président de la République a affirmé que «l’Algérie accorde une attention particulière aux opportunités de partage d’expériences et d’expertises et au renforcement de la coopération continentale dans divers domaines, ainsi qu’aux efforts de développement en Afrique, notamment ceux liés à la sécurité alimentaire, de même qu’elle partage, à cette occasion, les préoccupations des pays africains quant à la nécessité d’assurer les engrais pour répondre à leurs besoins alimentaires, et de remédier à la dégradation de la santé des sols, en raison des changements climatiques aigus et des pratiques humaines nuisibles à l’agriculture, à l’environnement et à d’autres ressources naturelles».

Pour Abdelmadjid Tebboune, «l’Algérie, attachée et fidèle à son appartenance africaine, n’a eu de cesse de l’exprimer à travers son adhésion à tous les efforts collectifs susceptibles de réaliser nos aspirations à une Afrique prospère, affranchie de la vulnérabilité et de l’injustice et des séquelles de l’injustice coloniale dont avaient souffert les peuples de notre continent, se dressant toujours à l’avant-garde, à chaque fois qu’il est question d’exploiter les opportunités de coopération régionale et continentale ou de les renforcer».

Cherfa : «On exporte 7 millions de tonnes»

Pour sa part, le ministre de l’agriculture et du développement rural a mis en avant les efforts de l’Algérie pour augmenter la production d’engrais en vue de satisfaire aux besoins nationaux et contribuer à l’approvisionnement du marché africain. Youcef Cherfa a souligné que l’amélioration de la production à travers la fertilisation, la recherche scientifique, l’innovation, la modernisation de l’agriculture et l’augmentation de la récolte, notamment dans les cultures stratégiques, figuraient dans la liste des priorités du gouvernement algérien pour les moyen et long termes, rappelant que l’Etat algérien a veillé, depuis le début des années 1960 à asseoir les bases de l’industrie des engrais, à travers la création de deux usines de production de l’ammoniac et des engrais. Dans ce contexte, il a indiqué que l’Algérie comptait parmi les pays exportateurs de cette substance élémentaire avec un volume de 7 millions de tonnes/an, dont 3 millions de tonnes d’urée, 2 millions de tonnes de phosphate traité et 2 millions de tonnes d’ammoniac. L’occasion aussi pour Cherfa de passer en revue toutes les actions prises par l’Algérie pour soutenir l’agriculture sous toutes ses formes, particulièrement dans l’achat des intrants de base pour la production agricole, dont les engrais, les semences, les pesticides…

Le renforcement des capacités des agriculteurs à travers la formation, la sensibilisation et l’orientation dans l’utilisation rationnelle des engrais pour améliorer la nutrition minérale des cultures passe pour l’autre volet du soutien des autorités algériennes aux agriculteurs pour augmenter la production et améliorer le rendement, réduire le risque de pollution des eaux souterraines et inclure la santé des sols dans son concept global dans la priorité du programme national de recherche, a ajouté le ministre.

B.A.