Sonelgaz met les jalons d’une industrie de l’hydrogène vert

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L'UE valide 2 projets algéro-européens : Financements accordés pour le SoutH2 et l'interconnexion électrique

PAR ABDELLAH B.

La mise en œuvre du programme national de développement de l’hydrogène vert commence à prendre forme, quelques mois après la publication de la copie finale de la « stratégie nationale » de production de cette ressource d’énergie future. Un programme ambitieux qui vise à faire de l’Algérie l’un des plus importants fournisseurs de l’union européenne en ce combustible à partir de 2040.

En fait, en attendant cette date « clé », la compagnie nationale d’électricité Sonelgaz, à qui a été confiée la réalisation de ce projet, s’est lancée dans la mise en place d’une assise de l’industrie de l’hydrogène en Algérie. Dans ce sens, un communiqué rendu public hier par Sonelgaz annonce la signature de deux conventions phares avec le centre national de développement des énergies nouvelles et renouvelables dans le domaine de l’hydrogène vert. La première convention concerne le lancement des études techniques autour de la production de ce combustible ami de l’environnement, et la deuxième est en relation avec le choix des sites susceptibles d’accueillir les infrastructures de production.

Préparer le terrain pour une nouvelle industrie énergétique

En effet, l’industrie de l’hydrogène vert s’accélère dans le monde, et l’Algérie qui dispose d’énormes potentialités ne veut pas rester à l’écart. Cette activité lui permet de renforcer davantage son bouquet énergétique sur un marché international en mutation. De ce fait, le pays veut accélérer le rythme de la réalisation des infrastructures de production en ce combustible pour accompagner cette dynamique que connaît le marché international de l’énergie qui se dirige de plus en plus vers les énergies nouvelles et renouvelables. Cette démarche, entreprise par Sonelgaz, a été précédée par le lancement de quatre projets pilotes par la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach visant à la formation de ressources humaines qualifiées dans ce domaine, en partenariat avec la partie allemande qui dispose d’un savoir-faire reconnu.

Un choix stratégique

Le lancement du programme de l’hydrogène vert en Algérie durant cette période représente un choix stratégique visant à renforcer la place de l’Algérie sur la scène énergétique internationale. Le pays dispose aujourd’hui d’atouts qui lui permettront de jouer un rôle pivot dans la course mondiale vers la transition énergétique. D’un côté, le gaz naturel qui est aujourd’hui l’énergie de transition la plus convoitée et de l’autre l’hydrogène vert dont le pays dispose d’importantes potentialités de production à des prix compétitifs et qui s’ajoute à d’autres atouts en l’occurrence, la proximité géographique du marché européen et l’existence d’une infrastructure de transport, objet de travaux de modernisation pour l’adapter à l’hydrogène. Autrement dit, l’ambition de l’Algérie de devenir un acteur clé dans le domaine de l’hydrogène n’est pas démesurée. Ce qui se confirme d’ailleurs par l’engouement européen pour l’hydrogène algérien.

UE, un marché potentiel

L’Algérie vise une production d’hydrogène vert de l’ordre de 40 TWh à partir de 2040, destinée essentiellement à l’exportation sur un marché européen dont les besoins sont estimés 15 millions de tonnes par an, pour une capacité de production de 10 millions de tonnes uniquement. Soit un manque à gagner de 5 millions de tonnes. Plusieurs études européennes désignent l’Algérie comme étant un futur fournisseur clé du vieux continent en cette ressource d’énergie futur. Et l’Allemagne vient de confirmer cette éventualité en s’engageant dans la modernisation des réseaux de transport du gaz pour les adapter à l’hydrogène vert, et ce, aux côtés de l’Autriche et de l’Italie via le projet de SoutH2. D’ailleurs, une réunion des ministres des cinq pays concernés par ce projet, à savoir l’Algérie et la Tunisie en Afrique du Nord et l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche en Europe, se tiendra dans les semaines à venir pour mettre les dernières retouches à ce projet qui a déjà bénéficié d’un financement de l’union européenne.

A. B.