Startups : l’Algérie veut relever le défi africain

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Startups : l'Algérie veut relever le défi africain

PAR NABIL M.

L’Algérie a connu un développement accéléré dans le secteur de l’économie de la connaissance et des startups. De grands résultats ont été réalisés ces dernières années, marquant une avancée considérable à même de guider le développement de ce secteur dans les pays d’Afrique.

Un écosystème national catalyseur de l’initiative et de l’innovation a été ainsi créé, permettant la réalisation d’acquis qualitatifs en termes de création de startups, ce qui a
« permis à l’Algérie d’occuper la place de leader au niveau continental », a indiqué hier Abdelmadjid Tebboune dans une allocution adressée à la conférence africaine des startups (African Startup Conference), lue en son nom par le premier ministre Nadir Larbaoui.

Lors de cet événement continental qui a regroupé pas moins de 10.000 participants, une trentaine de ministres et décideurs africains, 250 exposants et 150 investisseurs étrangers, le chef de l’Etat a appelé les hommes d’affaires, responsables et porteurs de projets à « coordonner les efforts en vue d’intégrer les concepts de startups, de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans les systèmes économiques des pays d’Afrique ». Ceci à travers l’exploitation optimale des atouts et des capacités de la jeunesse africaine « qui a atteint de hauts niveaux de maîtrise du flux d’informations et de connaissances qu’offrent les nouvelles technologies », a-t-il fait rappeler

« Le temps est venu pour reconnaître l’ampleur du défi », a poursuivi le président, insistant sur la nécessité de rattraper le retard et d’œuvrer pour la valorisation des capacités et du savoir-faire dans la création des entreprises et l’encouragement de la créativité et de l’innovation, en vue d’augmenter la productivité et la croissance économique afin de « renforcer l’indépendance de la décision politique et économique ».

Selon le chef de l’Etat, l’adoption de l’entrepreneuriat reposant sur l’innovation apparaît comme un des principaux mécanismes de lutte contre la problématique du chômage. D’où la nécessité pour les gouvernements africains d’accorder l’intérêt total aux startups qui ont prouvé leur capacité à hisser de nombreuses économies en Europe et en Asie à de hauts niveaux de performance économique, de création de richesses et de réunion des bases du développement durable.

Aussi, le président de la République a affirmé l’engagement de l’Algérie à faire bénéficier l’Afrique de son expertise. « De cette tribune, nous réaffirmons l’engagement de l’Algérie à mettre son expertise dans le domaine des startups à la portée des frères africains à travers des espaces d’échange d’expertise comme cette conférence d’aujourd’hui », a t-il affirmé.

Les startups algériennes leaders en Afrique

Ainsi, l’Algérie a démontré sa forte volonté de développer les domaines de l’innovation et de relancer les startups qui représentent un enjeu majeur dans l’ordre des priorités nationales. Des ressources importantes ont été ainsi mobilisées par les pouvoirs publics, pour organiser ce secteur prometteur et accompagner les porteurs de projets dans les différentes étapes, à travers un ambitieux programme visant à accélérer le rythme du développement économique.

Ces mesures ont rapidement prouvé leur efficacité, puisque l’Algérie a été classée 2e en Afrique et 18e dans le monde, selon le dernier classement mondial de la plateforme Startup Ranking, gagnant ainsi, en l’espace de seulement 6 mois, plus d’une quarantaine de sièges au niveau international.

Rien qu’au mois de mars dernier, l’Algérie occupait la 61e place dans le monde avec uniquement 132 startups répertoriées, avant de se retrouver en octobre avec plus de 800 startups répondant aux critères du classement, dépassée de peu par le Nigeria (803) et juste avant l’Egypte (629) et l’Afrique du Sud (489). Sur le plan international, l’Algérie a dépassé plusieurs pays développés, notamment la Suède, la Russie et la Chine.

En novembre dernier, près de 2000 startups ont obtenu le label de la meilleure startup, a fait savoir le ministre de l’économie de la connaissance, des startups et des micro-entreprises, Yacine El-Mahdi, estimant que ce chiffre est « le fruit et un des jalons de l’action conjointe avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique » dans le cadre de la stratégie du gouvernement visant à ouvrir la voie et encourager l’émergence d’entrepreneurs hautement qualifiés.

L’accompagnement et l’incubation de projets innovants, la création de pôles technologiques et le lancement de la plateforme dédiée à la recherche, ainsi que la mobilisation d’espaces pour la domiciliation des startups, autant de mesures prises par les autorités publiques pour la réalisation de l’objectif escompté, à savoir orienter les capitaux vers les startups qui ont un avenir prometteur pour l’économie nationale.

N. M.