Statuts et régimes indemnitaires des professionnels de la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur : Ce qu’en pensent les partenaires sociaux

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Statuts et régimes indemnitaires des professionnels de la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur : Ce qu'en pensent les partenaires sociaux

PAR ASSIA T.

Les projets des statuts des professionnels relevant du secteur de l’éducation nationale, du chercheur hospitalo-universitaire, de l’enseignant chercheur et du chercheur permanent, des corps médicaux et paramédicaux et de l’imam n’ont pas été adoptés lors de la dernière réunion du conseil des ministres. Le président de la République a enjoint de les réviser, de les enrichir et de les clarifier, de manière plus approfondie, pour qu’ils soient présentés à partir du mois de février, avec effet rétroactif des salaires et primes à compter de janvier 2024. Une décision qui a suscité l’avis favorable des partenaires sociaux.

Le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) s’est dit « rassuré » à ce propos. « Nous sommes bien rassurés et réconfortés de cette manière. Le président de la République ne fait que réitérer son engagement vis-à-vis des professionnels de la santé, plus précisément du corps médical, puisque nos appréhensions portaient sur le fait que ce qui a été proposé ne serait pas à la hauteur de nos attentes », a précisé Dr Lyès Merabet, président de ladite organisation syndicale dans une déclaration à l’Algérie Aujourd’hui.

« Je pense que le président de la République n’a pas été vraiment convaincu de ce qui a été présenté, et c’est pourquoi il a demandé de revoir en profondeur et de revenir avec des résultats plus conséquents pour revaloriser les professionnels de la santé », a enchainé Dr Merabet qui espère que le prochain travail « sera à la hauteur des instructions ». Le syndicat plaide dans ce sillage pour la création « d’une fonction publique dédiée spécialement au secteur de la santé », selon son président Dr Merabet.

Pourquoi ? Il s’agit d’une proposition qui a pour objectif « de pouvoir répondre aux spécificités du secteur ». « Dans le cas actuel, nous avons beaucoup de difficultés à trouver des solutions aux problèmes que nous avons, en l’occurrence les salaires, le volume horaire de travail, voire même l’organisation du travail de nuit », a pointé Dr Merabet. Pour appuyer ses propos, notre interlocuteur a cité l’exemple de la période de la Covid. « En ce temps, la plupart des secteurs ont été presque à l’arrêt avec un salaire garanti. Ce qui n’était pas le cas pour les professionnels de la santé ou particulièrement le corps médical », a rappelé le syndicaliste.

Le SNPSP plaide pour une «nouvelle grille des salaires»

Le syndicat national des praticiens de la santé publique opte, en outre, pour la « promulgation d’une nouvelle grille des salaires ». La présente a été, selon Dr Merabet, « promulguée depuis 16 ans, à savoir en 2007 ». Le syndicat vise à travers cette proposition « une augmentation conséquente des salaires des tous les professionnels de la santé ». A la limite, plus précisément dans le cas du maintien de cette grille, l’organisation syndicale demande « la revalorisation du point indiciaire ». « Actuellement, la valeur du point indiciaire correspond à 45 DA. Nous demandons que celle-ci soit révisée pour être portée au moins à 90 DA », a laissé entendre Dr Merabet dans une déclaration à l’Algérie Aujourd’hui.

Cette revendication, d’après le président du syndicat national des praticiens de la santé publique, tient au contexte actuel marqué par une multitude de développements, à savoir « la valeur de la monnaie qui a changé, la dégradation du pouvoir d’achat ou encore le taux d’inflation » qui se « maintient, dit-il, chaque année à 4,5% ». Parmi les points soulevés par Dr Merabet, figure aussi la gestion hospitalière.

Le syndicat « demande à ce titre la permission d’accès au corps médical ». « Un point dont l’annulation remonte à 2009 sans la consultation du partenaire social », a dit le représentant su syndicat. Pour le régime indemnitaire, Dr Merabet met l’accent sur la nécessité de « le permaniser ». Pour la prime de Covid par exemple, « instaurée lors de la gestion de l’ancien premier ministre Djerad », Dr Merabet a pointé un « retard de plus de 9 mois ». « Aujourd’hui, on parle de la 2e tranche qui remonte au moins à août 2022, et depuis ça n’a pas encore été assuré », a souligné Dr Merabet, qui revendique aussi une « prime pour valoriser le travail des urgentistes ». Le président du syndicat national des praticiens de la santé publique a évoqué également la progression de carrière.

A cet égard, il demande que « l’accès aux grades soit fait automatiquement, c’est-à-dire en fonction de la condition d’âge et de l’expérience entre autres, car actuellement le processus se fait sur épreuve et selon des postes budgétaires qui ne sont pas assez nombreux pour couvrir les besoins ».

«Une affirmation de la volonté claire l’État de réaliser les aspirations souhaitées»

De son coté, le Cnapeste, salue la décision du président de la République. Son porte-parole Messaoud Boudiba voit que « ce report est une chance qui leur permettra de consulter le contenu du projet du statut du secteur de l’éducation ». « Cela dénote encore une fois l’importance accordée par le président de la République au statut particulier des professionnels des différents secteurs », a-t-il précisé dans une déclaration à l’Algérie Aujourd’hui. Selon lui, le Cnapeste « ignore toujours ce qui a été proposé lors du conseil des ministres ». Dans ce sens, le porte-parole demande « l’obtention d’une copie du projet qui a été mis sur la table du conseil des ministres ». Plus clairement, le Cnapeste plaide pour « une participation réelle dans l’élaboration du projet du statut de l’éducation pouvant mener à des résultats qui répondront à toutes les aspirations ».

La fédération nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a également salué la décision prise lors de la réunion du conseil des ministres présidé par Abdelmadjid Tebboune. Dans un communiqué rendu public hier, la fédération a tenu à souligner que « cette décision est une affirmation de la volonté claire l’Etat de réaliser les aspirations souhaitées ». La décision « traduit l’engagement 41 du programme du président de la République visant à faire de l’université une locomotive de la société ».

Dans cette optique, la fédération a souligné « la nécessité d’enrichir ces textes, afin de parvenir à l’élaboration d’un texte riche qui répond aux aspirations de cette catégorie ».

A.T.