Stress hydrique dans l’Ouest du pays : Les citoyens s’inquiètent, le ministre rassure

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Voici le taux de remplissage des barrages

Les chutes de pluie et de neige enregistrées lors du mois de mars passé ont permis au taux de remplissage des barrages, à l’échelle nationale, de grimper jusqu’à atteindre 40,85%. C’est, en tout cas, ce qu’a révélé Ali Boutata, le Directeur central de maintenance et de contrôle et d’exploitation des barrages à l’Agence nationale des barrages (ANBT).

Si à l’Est huit barrages sont remplis à 100%, ce n’est pas le cas dans les deux autres régions du pays, à savoir le Centre et l’Ouest où le déséquilibre est bien visible (Est 66,04%, Centre 27%, Ouest 19%).

Cette situation préoccupante a été au cœur des débats, jeudi dernier à l’APN, où des députés de l’Ouest du pays ont décidé d’interpeller le ministre en charge du dossier, Taha Derbal, en lui transmettant l’inquiétude des citoyens, notamment les agriculteurs. Interrogé sur la stratégie que l’Etat compte adopter pour assurer les quantités d’eau requises aux citoyens ainsi qu’aux agriculteurs, le premier responsable de ce secteur a répliqué en assurant que plusieurs projets sont déjà en cours de réalisation pour régler ce problème. «La région Ouest du pays est la plus touchée par le manque de pluie. Le taux de remplissage du barrage de Sidi Yakoub à Chlef, qui a une capacité de 224 millions de m3, n’est rempli qu’à 23% seulement. C’est pourquoi le secteur de l’hydraulique a pris les devants. Avec mes homologues des  ministères de l’Agriculture, du Développement rural et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, nous avons décidé d’octroyer des facilités sur les démarches administratives pour creuser des puits. Nous avons déjà de bons résultats. A Chlef, par exemple, plus de 530 autorisations de forage de puits ont été délivrées entre 2020 et 2024». M. Derbal a ensuite enchainé : «Ce n’est pas tout, nous avons une seconde option pour faire face à cette situation : l’épuration des eaux usées. Cette eau sera utilisée dans l’industrie et pour l’irrigation. La réalisation d’une station pour épurer, puis réutiliser les eaux usées peut fournir plus de 10 millions de m3 par an. Elle sera réservée uniquement à l’agriculture».

 Le ministre fait le point sur les stations de dessalement

«En ce qui concerne l’eau potable, le secteur va proposer la réalisation de plusieurs puits, tout en étudiant la possibilité de servir la région avec l’eau des stations de dessalement de l’eau de mer. Onze stations, d’une capacité de production estimée à 300 000 m3/jour chacune, devront être réalisées. Cinq d’entre elles sont en cours de réalisation. Elles seront d’ailleurs opérationnelles avant la fin de l’année prochaine. La deuxième étape de la réalisation de six autres projets similaires débutera bientôt. L’une d’elles sera implantée à Chlef, ce qui permettra d’assurer de l’eau potable à tous les citoyens de la wilaya et les eaux des barrages ainsi que celles des puits seront consacrées uniquement à l’irrigation. Les travaux dans ces six stations débuteront avant la fin de l’année en cours», a-t-il ainsi affirmé pour conclure. Avec toutes ces options, les citoyens des régions de l’Ouest du pays devront voir leur quota de distribution d’eau s’améliorer.

Adel C.