Tebboune invite la diaspora à rentrer en Algérie

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/Quelques minutes après la visite de Macron au pont de Bezons, près de Nanterre, l’Elysée a pondu un communiqué dans lequel, le président Macron reconnaît «des crimes inexcusables» mais nie toujours le crime d’Etat.

«La France regarde toute son Histoire avec lucidité et reconnaît les responsabilités clairement établies. Elle le doit d’abord et avant tout à elle-même, à toutes celles et ceux que la guerre d’Algérie et son cortège de crimes commis de tous côtés ont meurtris dans leur chair et dans leur âme. Elle le doit en particulier à sa jeunesse, pour qu’elle ne soit pas enfermée dans les conflits de mémoires et construise, dans le respect et la reconnaissance de chacun, son avenir… Quel que soit l’état de nos relations avec l’Algérie et quelles que soient les positions des autorités algériennes sur la question, nous le faisons pour nous-mêmes, pas pour des raisons franco-algériennes», peut-on lire sur ledit communiqué. Il est clair que ces mots ne sont pas destinés aux Algériens d’Algérie, ni aux Algériens du monde. Le public ciblé par Emmanuel Macron n’est, ni plus ni moins que les électeurs franco-algériens.

El Mouradia répond à l’Elysée

Quelques heures après, le président Tebboune, dans une lettre publiée sur le site officiel de la Présidence de la république,  a adressé un message à tous les Algériens du monde, la diaspora en France plus particulièrement pour, d’abord  rappeler l’atrocité des crimes commis par la France il y a 60 ans jour pour jour, contre des milliers d’Algériens sortis manifester pacifiquement à Paris. Et ensuite louer le rôle de la communauté algérienne à l’étranger et glorifier son attachement à sa mère patrie Algérie. «Nous commémorerons, demain, l’anniversaire des manifestations du 17 octobre 1961, qui nous rappelle les exactions coloniales criminelles commises, en ce sinistre jour, contre les enfants du peuple algérien. Des exactions qui révèlent l’horreur des massacres abjects et des crimes contre l’humanité qui resteront gravés dans la mémoire collective», écrit Tebboune.

«On traitera l’histoire et la mémoire sans complaisance et loin de la pensée coloniale arrogante et des lobbies de l’extrémisme chronique»  

Le président algérien a rappelé la position de l’Etat qu’il dirige quant aux questions liées à la mémoire et à l’histoire, tout en attaquant, encore une fois le déni de la France quant à sa responsabilité dans les crimes commis depuis 1830. Je réaffirme notre souci ferme de traiter les dossiers de l’Histoire et de la Mémoire, sans complaisances, ni compromissions et avec le sens aigu des responsabilités que requiert le traitement impartial et intègre, loin des engouements et de la prédominance de la pensée colonialiste arrogante sur des lobbies incapables de s’affranchir eux-mêmes de leur extrémisme chronique. Qu’il soit clair pour tous que le vaillant peuple algérien, fier des racines séculaires de sa Nation, avance dignement à pas sûrs, déterminé et uni plus que jamais, sur la voie de l’édification d’une l’Algérie souveraine…», peut-on encore lire dans la lettre de Tebboune.

La promesse du président à la diaspora  

Tebboune n’a pas omis de s’adresser aux Algériens d’ailleurs, plus particulièrement ceux établis en France. «Il me plait, à cette occasion, de dire toute l’importance que nous accordons à notre communauté à l’étranger, partie intégrante de notre tissu national. J’appelle à établir des passerelles de communication afin de lui permettre d’adhérer aux efforts consentis pour la réalisation des engagements que nous avons tenus devant notre peuple… Dans ce contexte, je m’intéresse de très près à la prise en charge optimale des préoccupations de notre communauté et à la protection de ses intérêts. Nos centres diplomatiques et consulaires sont appelés à développer leurs méthodes de travail, en termes d’interaction avec les membres de la communauté, par des méthodes modernes de gestion consulaire, aux fins d’atténuer les souffrances de nos concitoyens établis à l’étranger.

Je saisis cette occasion pour saluer, hautement, leurs positions nationalistes honorables affichées à maintes reprises, à travers des sursauts de solidarité exemplaires en temps d’épreuves. C’est normal, lorsqu’on sait que le sang de nos valeureux chouhada et moudjahidine coule dans leurs veines», écrit-il.

… Et n’oublie pas la Issaba

A la fin de sa lettre, Abdelmadjid Tebboune a lancé un dernier avertissement à la Issaba qui sévit toujours, dans nos frontières et au-delà. «Je voudrais, également, inviter  les Algériennes et Algériens à adhérer au processus d’édification d’une ère prometteuse, où n’auront point de place les défaitistes, les ennemis du mérite et de la compétence et tous ceux habitués à rebuter les déterminations et freiner les initiatives… ceux-là qui se plaisent à perpétuer les pratiques et conspirations de la Issaba pour entraver la relance de l’économie nationale et contester la volonté des nationalistes fidèles qui veulent libérer la société de leur pillage des richesses du pays par l’escroquerie, le vol et le gaspillage… Ceux-là mêmes que j’ai toujours avertis de sévir d’une main de fer par la force de la loi… quels châtiments auront-ils… L’Algérie, déterminée et résolue à couper les tentacules de cette Issaba pernicieuse et à en démasquer les plans malveillants de blocage et de défaitisme, accueillera à bras grands ouverts tous ses enfants de la communauté nationale établis à l’étranger. Elle en valorisera les capacités et les compétences et les invitera à apporter leur contribution au projet de relance économique de la Nation, en ouvrant toutes les perspectives au génie des générations montantes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et ce pour parachever la marche initiée par les vaillants Chouhada, par fidélité à leur serment», conclu le président.

Y. C.

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