Tebboune libère les walis

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Tebboune condoléances

Tout porte à croire que l’instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en direction des walis pour sortir des bureaux et se rapprocher de leurs concitoyens en prenant en charge leurs préoccupations urgentes ait eu un effet immédiat auprès des concernés.

En effet, une nouvelle dynamique semble animer, ces derniers jours, les activités des walis, qui sont de plus en plus présents sur le terrain et… les réseaux sociaux.

En effet, les réseaux sociaux étant devenus, par la force des choses, un moyen de communication des plus efficaces, touchant de très larges catégories de citoyens, les sorties sur terrain et autres activités des chefs des exécutifs locaux y sont quotidiennement retransmises ou partagées.

D’est en ouest, du nord au sud, il ne se passe pas un jour sans qu’une sortie d’un wali dans un des quartiers de leurs régions respectives ne soit médiatisée. Et très souvent avec des impactes positifs auprès des internautes, à en juger par les commentaires.

Et contrairement à ce qui se faisait avant, avec des sorties axées sur l’inspection des chantiers en cours et de leurs niveaux d’avancement, ainsi que les inaugurations des diverses infrastructures nouvelles et autres poses de pierre pour de nouveaux chantiers, il est question, ces derniers temps, de visites à travers les communes et les quartiers démunis pour s’enquérir des conditions de vie des contribuables.

Des sorties qui mettent au grand jour l’anarchie qui règne dans certains endroits, où des matériaux de construction sont étalés sur la chaussée, obstruant le passage des piétons et, même, des véhicules, et mettant à mal les riverains.

Du coup, de la fermeté est manifestée lorsqu’il s’agit de commerces illicites ou de chantiers ne respectant pas les normes, mais de la compassion est témoignée lorsqu’il s’agit de cas sociaux, à l’image de ce wali de l’ouest du pays qui, au retour d’une visite dans un village, a pris dans son véhicule deux écolières qui se rendaient à pied à leur établissement scolaire.

Mieux encore, certains walis «osent» même prendre des décisions, en direct sur le terrain, pour accorder telle autorisation ou soutenir tel projet.

La période où ces commis de l’Etat à la tête des wilayas ne daignaient pas autoriser des projets ou signer des autorisations pour telle ou telle activité semble révolue.

Forts du soutien du président de la République à encourager la prise de décision sur les projets porteurs et les initiatives rentables pour la communauté en général, et la région en particulier, les walis se sont libérés de cette «épée de Damoclès» qui pendait sur leur tête, et les résultats commencent à se faire ressentir sur le terrain.

Réhabilitation

On se rappelle que, lors de la rencontre gouvernement-walis, tenue au palais des nations le 24 septembre dernier, le président de la République avait instruit les walis pour une présence plus accrue sur le terrain. «Le rétablissement du rôle des walis fait partie des objectifs de ces journées», lançait Abdelmadjid Tebboune à l’endroit des walis, mais aussi des responsables de l’Etat à différents niveaux.

Plus encourageant, le président de la République ajoutait : «Les walis doivent prendre leurs responsabilités et ne plus craindre les lettres anonymes», soulignant qu’ils ne doivent plus craindre de prendre des décisions pour ne pas risquer d’être poursuivis en justice. «Les craintes de prendre des décisions doivent disparaître, du moment qu’il n’y a pas d’intention d’en profiter ou de faire profiter sa famille ou son entourage.»

Le chef de l’Etat annonçait alors la promulgation prochaine d’un décret présidentiel qui fixera leurs attributions en tant que premiers responsables de leurs wilayas.

Il en est de même pour la prise en charge des préoccupations des citoyens et la résorption des zones d’ombre qui auront constitué l’entrée en la matière de l’allocution du président de la République à l’adresse des walis, les sommant de «ne pas s’attarder à embellir les villes en oubliant que 8 millions d’Algériens vivent en dehors de ces villes et continuent à souffrir».

Le président demandait aussi aux commis de l’Etat de «tout faire pour sauvegarder la dignité des Algériens». «2023 doit marquer la fin des zones d’ombre et des galères des citoyens», concluait-il.

Par Brahim Aziez