Tebboune : «Maintenir les taxes serait condamner notre peuple à la famine»

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Par Yasmina C.

Le président de la République, a accordé hier une entrevue à deux représentants de la presse nationale  lors de laquelle il a abordé plusieurs dossiers de l’heure ; nationaux, régionaux et internationaux. Outre l’allocation chômage qui entrera en vigueur le mois prochain et le prix de la baguette de pain, Abdelmadjid Tebboune a évoqué des sujets brûlants en rapport avec la liberté d’expression, le pouvoir d’achat, l’économie, les questions  internationales et leur impact sur l’Algérie avant de lancer un appel à certains ressortissants algériens à l’étranger, lesquels attaquent leur pays d’origine sans savoir réellement ce qui s’y passe.   Il y a 3 jours, le Président a pris la décision de geler les taxes sur les produits alimentaires de base et les produits numériques. Questionné à ce sujet et sur les raisons qui l’ont encouragé à le faire, le Président a répondu sèchement : «Il fallait que j’intervienne, autrement, on condamnerait notre peuple à la famine.  On ne produit pas encore assez pour appliquer ces taxes et impôts. Ce n’était pas encore le moment, le négatif qui en sortirait dépasserait de loin ce que la trésorerie en tirerait». Pour expliquer le gel des taxes et impôts sur les produits numériques, Abdelmadjid Tebboune sortira un argument sur lequel tout le monde tomberait d’accord. «La décision de geler les taxes sur les téléphones, les PC portables… je l’ai prise pour les jeunes. On avait dit que cette année sera celle de la numérisation, l’année qui représente aussi 14% d’augmentation. Et il y aura d’autres mesures que je prendrai à partir de mars». Avant de clore ce chapitre, Tebboune a lancé un autre avertissement aux spéculateurs qui causent des pénuries passagères. «On est en train d’étudier le rapport de la commission parlementaire chargée du dossier, mais toujours est-il que ce problème est comportemental. Tu te lèves un matin et il n’y a plus d’huile ! Comment, pourquoi ? Personne ne le sait ! Sachez qu’on a atteint 2,5 fois les besoins du marché… On a arrêté certains spéculateurs, d’autres les suivront. Il y a aussi la panique des gens…»

Pouvoir d’achat et hausse des prix

Au sujet de la hausse des prix et de la chute du pouvoir d’achat du citoyen, le Président a rappelé que les prix des produits de base ont sérieusement augmenté sur les marchés mondiaux.  «En 2018, on achetait la tonne de blé dur à 281 $ aujourd’hui, elle flirte avec les 700 $», dit-il. «Il faut produire, il faut travailler, l’agriculture doit se réveiller, on ne vise pas l’autonomie alimentaire, mais on peut diminuer la facture d’importation, si on assure deux tiers de ce qu’on consomme, on pourra dire qu’on a réussi», a-t-il ajouté. Pour ce qui est des mesures que lui et son équipe ont pris pour contrer cette crise, le Président dira : «On a pris des mesures concernant les produits de base… Exemple : leur  importation sera faite exclusivement  par l’Etat qui, bien sûr, assumera les pertes. Pour les producteurs de pates, c’est désormais l’Etat qui les fournit en blé à des prix soutenus, cela a fait baisser les prix dans les magasins. Je peux vous assurer que nous avons pris des mesures inédites, difficile qu’un autre Etat fasse de même». Le président de la République a évoqué l’inflation qui touche toute la planète et qui n’est en Algérie que de 7%. «Elle a atteint 80% et plus dans d’autres pays», précise le Président. Toujours au même sujet, le chef de l’Etat a rappelé qu’il a «annulé l’impôt sur les salaires ne dépassant pas 30.000 DA, ce qui représente une augmentation de 20% sur leur revenus.» Et de poursuivre : «J’ai augmenté le smic de 2000 DA, et aussi le point indiciaire, ce qui représente aussi 14% d’augmentation. Et il y aura d’autres mesures que je prendrai à partir de mars». Avant de clore ce chapitre, Tebboune a lancé un autre avertissement aux spéculateurs qui causent des pénuries passagères. «On est en train d’étudier le rapport de la commission parlementaire chargée du dossier, mais toujours est-il que ce problème est comportemental. Tu te lèves un matin et il n’y a plus d’huile ! Comment, pourquoi ? Personne ne le sait ! Sachez qu’on a atteint 2,5 fois les besoins du marché… On a arrêté certains spéculateurs, d’autres les suivront. Il y a aussi la panique des gens…»

«Les gens attendent plus que ma visite»

Le président Tebboune n’a pas encore fait de visite officielle à l’intérieur du pays. A ce propos, il promettra : «Je le ferai, c’est sûr, et c’est pour bientôt mais je pense que le peuple attend de moi autre chose que ma visite.On est en train de reconstruire ce pays pierre par pierre. Certaines wilayas sont lésées, Khenchela, Tissemsilt, Djelfa, Naâma, El Bayadh, Laghouat, sont, comparées aux autres wilayas, très en retard, je leur donne la priorité. D’ailleurs, toute personne voulant investir dans ces wilayas aura toutes les facilités possibles».

Y. C.