Tebboune réhabilite le secteur privé

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Tebboune réhabilite le secteur privé

La cérémonie organisée mardi au CIC pour la remise des distinctions aux meilleurs exportateurs a donné l’occasion de jauger la performance de certains industriels nationaux et la pertinence de leur apport à l’économie nationale.

PAR DJILALI B.

Le Président de la République a eu à constater cela lors de son passage devant les stands et de ses échanges avec les industriels qu’il a appelé son ministre de l’industrie à soutenir, pour une bonne partie d’entre eux.

Il a d’ailleurs insisté sur la qualité pour rendre éligible à l’exportation des produits de l’industrie nationale où la part du privé est en hausse. Le privé représente également une part importante dans les exportations avec un volume qui se rapproche des attentes des pouvoirs publics qui tablent sur une recette de 13 milliards de dollars, en dehors des hydrocarbures.

Les opérateurs économiques algériens sont appelés, suivant la stratégie adoptée pour la relance de l’économie nationale, à participer davantage au développement et à faire baisser la facture des importations et à augmenter celle des exportations.

C’était également l’occasion pour le chef de l’Etat de donner une plus ample assurance aux opérateurs nationaux. Cela ressemble à une entreprise de réhabilitation de l’image du secteur privé, ternie avant par les options idéologiques hostiles au privé, et ces dernières années par le comportement des oligarques qui ont largement profité du système et contribué grandement à la dilapidation des deniers publics au lieu de participer à l’essor de l’économie du pays et en adoptant des pratiques douteuses qui se sont généralisées en système de corruption, qui a déteint sur l’image du pays et son climat des affaires.

La suite est connue et ses effets sont encore là avec ces procès en série des oligarques et responsables de l’Etat pour des faits ayant porté atteinte à l’économie nationale, au trésor public et à l’image du pays.

Il est difficile après tant de dégâts de remonter la pente en peu de temps. Fallait-il d’ailleurs recommencer par les fondations avec une nouvelle stratégie qui assoit la
transparence, revoir le cadre juridique pour rendre le pays plus attractif à la fois pour les
hommes d’affaires nationaux et les entreprises étrangères pour améliorer sa carte de
visite.

Cette carte de visite commence à devenir visible, surtout pour les partenaires étrangers qui affichent un intérêt après l’adoption du nouveau code des investissements.

Financer l’économie nationale

Mais si l’Etat affiche sa disposition et une disponibilité à soutenir et accompagner les opérateurs privés, comme l’a publiquement dit le président de la République devant les
exportateurs au CIC, il est attendu d’eux un effort de financement pour ne plus compter
uniquement que sur les banques publiques.

M. Tebboune avait auparavant souligné que 85% des financements du secteur privé provenaient des dépenses et des banques publiques. « Malheureusement, ce secteur
est financé à 85% par les fonds publics et les banques publiques, l’investisseur demande
désormais un financement public pour la réalisation d’un petit hôtel sans toutefois
donner de garanties », avait-il soutenu, assurant que le rôle de l’État consiste en réalité « à
orienter et à accompagner l’investissement ».

Une manière de les inviter à créer des banques privées pour financer leurs opérations. Les pouvoirs publics demeurent comme un garant et « une police d’assurance » dans l’optique de diversifier l’économie nationale et les exportations hors hydrocarbures. De son côté, l’Etat, comme l’a rappelé le chef de l’Etat au CIC, a commencé à mettre en place les mesures d’accompagnement pour les exportateurs à travers la prise en charge des stands d’exposition de leurs produits dans certaines capitales africaines.

Il les encourage à participer aux foires sur le continent alors qu’il est déjà question de
création d’un hub à Tamanrasset et l’ouverture du ciel pour le fret ainsi que de nouvelles dessertes de la compagnie Air Algérie vers le continent.

Les lauréats du prix du meilleur exportateurs présents au CIC ont démontré que les industriels algériens savent fabriquer des produits de qualité et compétitifs à l’export. Et le message est passé entre le président de la République et ces opérateurs économiques.

Il reste donc à conjuguer les efforts communs pour relever ce défi qui est dans les priorités économiques de M. Tebboune.

D. B.