Tebboune veut repositionner le pays sur le marché gazier: Avec 100 milliards m3, l’Algérie n°1 en Europe

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Par Abdellah B. 

L’Algérie ambitionne de doubler ses exportations de gaz pour atteindre 100 milliards de m3 dès 2023, a fait savoir avant-hier le président de la République Abdelmadjid Tebboune lors de l’inauguration de la foire de la production nationale. Ces propos du président de la République, qui connaît bien les capacités de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach à relever ce défi, pourraient être annonciateurs d’une série de nouvelles de la part du groupe public Sonatrach.

Une augmentation de l’ordre de 100% des exportations du pays en gaz dès l’année prochaine est un message percutant en marquant le début de la conquête du marché gazier européen qui souffre d’une crise énergétique aiguë. Lors de sa dernière sortie médiatique, M. Tebboune a dévoilé la destination de ces importantes quantités de gaz qui n’est autre que l’Europe.

Gage d’assurance

Sur le plan géopolitique, cette annonce de l’arrivée de cette importante quantité sur le marché européen dans ce contexte pourrait être perçue comme un «gage d’assurance ou de sécurité» que l’Algérie offre à l’Union européenne. En d’autres termes, l’Algérie s’est dit prête non seulement à soutenir l’Union européenne, mais à l’aider à traverser la crise qu’elle traverse depuis quelques mois.

À la recherche d’alternatives pour le gaz russe, l’Union européenne a vu ses importations fortement diminuer depuis en passant de 116 milliards de m3 durant les sept premiers mois de l’année 2021 à 70 milliards de m3 durant la même période de l’année en cours. Cette situation se présente pour l’Algérie comme une opportunité à saisir pour mettre les deux pieds sur le marché européen et se positionner en premier fournisseur de l’espace européen, au moment où les fournisseurs traditionnels du vieux continent trouvent de la peine à expédier d’importantes quantités supplémentaires pour des raisons techniques liées essentiellement aux capacités de production.

Pour cela, l’Union européenne cherche la diversification de ses approvisionnements en ce combustible. Dans ce sens, Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie, affirme : «Nous n’allons en aucun cas créer une nouvelle dépendance unilatérale. Les différents fournisseurs doivent peut-être avoir une part de 10% ou 20% dans le système de sous-traitance allemand, mais pas de 50% ou plus. C’était tout simplement stupide – indépendamment du fait que ce soit la Russie. Je ne veux plus voir et construire cela avec le Qatar ou d’autres pays. À court terme, j’espère une augmentation du volume de livraison, de sorte que nos terminaux de gaz liquide soient remplis.»

Les atouts de l’Algérie

Les eurodéputés ont approuvé durant le début de l’année en cours le label «vert» accordé par la Commission européenne au gaz. En parallèle, des voix se sont élevées contre la démarche entreprise par certains pays européens pour l’importation du gaz américain considéré comme étant nuisible au climat. Ces derniers appellent la Commission européenne de l’énergie à l’arrêt immédiat des importations du gaz depuis les États-Unis pour deux raisons. La première est que «le gaz importé depuis les USA est plus cher» et la deuxième raison invoquée est celle liée à son impact sur l’environnement car «il est produit essentiellement par fracturation hydraulique, une technologie largement interdite dans l’Union européenne pour des raisons environnementales».

Pour adapter le gaz algérien aux nouvelles normes environnementales, la compagnie nationale des hydrocarbures a déjà entamé les processus de réduction de l’empreinte carbone, soit en matière de récupération de gaz de torchage, ou encore l’alimentation des champs gazier et pétrolier en électricité produite de l’énergie solaire. C’est dire que l’Algérie est décidée à se positionner comme un acteur majeur sur le marché européen.

A.B