Textes d’application du code de l’investissement : des dispositions « attractives pour les IDE » selon l’expert Abderrahmane Hadef

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Le nouveau code des investissements récemment adopté par le parlement a été perçu par les chefs d’entreprise algériens comme une réelle ouverture sous-tendue par une volonté de rompre avec le «dogme» sélectif pour ne pas dire trop marqué par le favoritisme d’un ministre de l’Industrie sérieusement controversé – aujourd’hui poursuivi par le justice et en fuite à l’étranger.

Les textes d’application de ce nouveau code viennent de voir le jour. Il est notable d’y déceler pour le profane des avancées dans cette démarche qui tend, en s’éloignant des anciennes pratiques censées être un tremplin pour les opérateurs économiques nationaux, malheureusement révélées désastreuses pour le pays.

Consultant et expert en géoéconomie, Abderrahmane Hadef apprécie cette évolution législative comme une avancée à même d’améliorer le climat des affaires dans le pays. Bien plus, notre interlocuteur estime que les nouveaux instruments mis en place dans le cadre de ce code des investissements sont des facteurs d’attraction pour les opérateurs locaux et étrangers.

Pensez-vous que la création d’un guichet unique pour les grands projets peut être un facteur d’attractivité des IDE ?

La nouveauté justement est dans cet intérêt pour les grands projets et les IDE, il fallait mettre un seuil pour détenir les grands projets – 2 milliards de dinars et plus – qui est à mon sens raisonnable. C’est une disposition cohérente avec les nouveaux taux de change et la nouvelle classification des projets. La nouvelle attribution – l’Andi transformée en AAPI – lui consacre un guichet unique destiné aux grands projets qui nécessitent un traitement particulier avec des avantages fiscaux et parafiscaux, la localisation, l’accompagnement des investissements, les autorisations finales. Il est judicieux de consacrer un guichet unique aux IDE et à tous les grands projets d’investissement qui ne doivent plus passer par l’ANDI.

La création de l’AAPI à la place de l’Andi peut-elle être un facteur favorable pour capter les investissements, notamment les investissements étrangers ?

La première chose à retenir à mon avis est que cette agence dépend du Premier ministère, alors que l’Andi dépendait du ministère de l’Industrie. De plus, ses attributions sont élargies. Elle a été chargée entre autres de la mise en place de la plateforme numérique destinée à l’investissement. Elle est chargée de suivre la démarche de l’acte d’investir, de l’offre foncière. Je pense qu’aujourd’hui il y a des aspects pris en compte pour l’attractivité des investisseurs nationaux et étrangers. On a changé le nom de l’agence pour se démarquer d’une ère, d’une appellation qui donne sens à une nouvelle étape. Signe d’une rupture avec d’anciennes pratiques.

L’Andi est connue pour ses pratiques malsaines. La nouvelle agence a de nouvelles missions, elles sont plus opérationnelles qu’administratives. L’AAPI est chargée de l’accompagnement de l’investissement.

Qu’en est-il des avantages accordés aux investissements une fois lancés ?

C’est une approche nouvelle ; ce qui fait que les vrais chefs d’entreprise qui prennent des risques. Nous étions dans une approche où nous n’avions pas un partage du risque Etat-investisseur. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les chefs d’entreprise qui vont venir s’inscrivent dans une dynamique économique valable.

L’ancienne approche était un instrument du FMI pour mettre en concurrence des entreprises pour des objectifs de compétitivité. Dans le cas actuel de la démarche algérienne, il est question d’instruments pour avoir les meilleures entreprises, pour faire des investissements engagés, avec des professionnels qui cherchent à créer de la richesse, de l’emploi et un développement de l’économie.

Cette nouvelle démarche et ces outils permettront une plus grande attractivité de l’Algérie pour les investisseurs locaux et attirer les investissements directs étrangers.

D. B.