Tourisme : «regain d’intérêt» pour le Sahara algérien

0
258

Le Sahara algérien semble signer son retour sur le marché du tourisme. Il est bel et bien question d’un « regain d’intérêt qui n’avait pas lieu il y a trois ou quatre ans », a souligné le président du syndicat national des agences de tourismes (Snat), Saïd Boukhelifa.

PAR ASSIA T.

« Il y a de la demande », a-t-il affirmé dans une déclaration à l’Algérie Aujourd’hui. Le sud attire en effet de plus en plus de touristes curieux de découvrir ses paysages miraculeux et son immensité. De même que les membres de « la diaspora commencent à venir vers le Sahara », d’après le président du Snat.

Durant les dix dernières années, l’appel des horizons lointains n’a pas cessé de se faire sentir en Algérie. « 80% viennent d’Europe, tandis que 10% sont constitués d’Australiens, d’Américains, de Chinois et de Japonais », selon notre interlocuteur. Pour cette saison le spécialiste s’attend globalement à « 15.000 touristes étrangers entre le sud et le nord ». Le sud devrait, lui, accueillir « 10.000 touristes étrangers en voyages organisés », a-t-il dit.

En termes de demande, les choses semblent bien démarrer, ce qui n’est en revanche pas tout à fait constaté par les intervenants sur le plan organisationnel. Selon le président du Snat, il s’agit tout d’abord de la question de l’interdiction des méharées. « Cette randonnée organisée dans le désert à dos de dromadaire méhari, faisant toutefois la spécificité du tourisme saharien, n’est pas autorisée », a fait remarquer M. Boukhelifa. Parmi les obstacles soulevés, il existe également « la nouvelle procédure du visa qui ne se déroule plus dans les consulats algériens à l’étranger ». Cette décision prise l’année dernière portant sur l’obtention du fameux sésame à l’arrivée n’est, pour le président du Snat, « pas en
faveur du tourisme saharien ». « C’est une opération qui se fait en six étapes. » Lesquelles ?

« La toute première étape que doit entreprendre le touriste est de s’inscrire auprès d’une agence de voyages dans son pays d’origine. Cette agence envoie par la suite la demande à son partenaire en Algérie qui est chargé de l’envoyer à la direction du tourisme de la wilaya demandée. La demande de visa est envoyée par la direction du tourisme au ministère du tourisme. Le département du tourisme se charge quant à lui d’envoyer les documents au ministère de l’intérieur, habilité à rendre la réponse à la direction du tourisme dans un délai de 10 jours. La réponse est dans la dernière étape remise à l’agence algérienne chargée de l’envoyer à son partenaire à l’étranger », a expliqué le président du Snat, en commentant que « ces mesures de facilitation ne sont pas à la hauteur ».

Par ailleurs, le président du Snat pointe « un déficit en termes de personnel qualifié et d’infrastructures ». « Il faut revoir la politique de formation. Il y a un grand déficit en termes de personnel qualifié », a-t-il plaidé. S’agissant de l’hébergement, le spécialiste a laissé entendre que le sud compte moins de « 20.000 lits ». « Ce qui n’est pas suffisant », a-t-il estimé.

Nessib Tourisme affiche complet

Djamel Nessib, PDG du groupe Nessib Tourisme, est propriétaire de deux hôtels à Biskra. « Actuellement, nous affichons complet, car nous n’avons pas assez de lits qui peuvent être mis à la disposition de la clientèle », a précisé le PDG du groupe à l’Algérie Aujourd’hui. Cet état de fait empêche le groupe de répondre au « grand nombre de demandes ». Selon lui, « ces agences reçoivent beaucoup de demandes des Algériens résidant à l’étranger. Ces derniers désirent passer leurs vacances dans le sud algérien mais la capacité d’hébergement est un obstacle ».

Dans cette optique, le propriétaire du groupe Nessib appelle à « l’ouverture d’opportunités d’investissement dans le sud ». « Cela permettra d’élargir la capacité d’accueil », a-t-il argué.

Les promotions d’Air Algérie

Air Algérie entend bien jouer son rôle dans la promotion du tourisme saharien. D’après le chargé de communication de la compagnie, Amine Andaloussi, « les prix des vols pour les destinations domestiques sont d’emblée soutenus par l’Etat ». « Il y a toujours une compensation que nous donne l’Etat chaque fin d’année sur les destinations domestiques », a indiqué Andaloussi à l’Algérie Aujourd’hui.

Mais « pour un groupe de touristes qui compte plus de dix voyageurs, nous faisons des promotions de 50% sur le billet en hors taxe. Cela concerne la destination nord-sud », nous a-t-il dit. Air Algérie, par ailleurs, reçoit de la demande pour la ligne Paris-Djanet, d’après son chargé de communication qui espère « mieux ».

A. T