«Traversée par les vents » : Troisième recueil de poésie de Habiba Djahnine

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Quand nous évoquons le nom de Habiba Djahnine, nous pensons immanquablement au septième art tant sa contribution pour le cinéma algérien est conséquente. Réalisatrice et pédagogue du cinéma documentaire, Habiba Djahnine vient de publier son troisième recueil de poésie, intitulé « Traversée par les vents ».

PAR DELLOULA MORSLI

Après « Outre mort » (2003) et « Fragments de la maison » (2015), Habiba Djahnine nous propose une nouvelle incursion poétique avec « Traversée par les vents ». Paru en août dernier aux éditions Bruno Doucey, ce recueil nous plonge dans notre propre récit territorial, mémoriel et social. Celui d’un pays meurtri, résilient et bien vivant aujourd’hui.

Comme les petites histoires font les grandes, nous traversons ses poèmes avec l’étrange sensation qu’elle parle de chacun de nous ou de nous tous en même temps. Du désert où elle réside, elle nous invite à nous regarder mais surtout à nous reconstruire.

« L’apaisement est le chemin », dit-elle. De ces étendues vastes où le vent sculpte les dunes,
elle évoque la peur, passée et présente, héritage ancré avec lequel nous négocions quotidiennement. « Nous ressemblons alors à des champs de mines.

A chacun de nos pas peut se produire une déflagration. » La peur certes, mais la vie avant tout, ses couleurs et ses odeurs imprègnent les mots de chaque vers, à chaque page. Inventer, s’inventer ou se réinventer, la poète cultive l’art du lâcherprise. « Sa poésie porte une lumière qui voudrait éclairer chaque détail du monde », y compris ceux de l’enfance, égarés par moments et retrouvés au détour d’un souvenir qui remonte à la surface comme le goût d’une orange amère.

Née à Miliana en 1968, Habiba Djahnine est réalisatrice, poète, programmatrice de films et pédagogue. Figure du mouvement féministe dans les quatre-vingt dix, elle a également
mis en place des ateliers de création documentaire, ces derniers ont contribué à former plusieurs noms qui font les beaux jours du cinéma algérien aujourd’hui. En 2012, elle est lauréate du prix international Prince Claus Fund (Pays-Bas) pour l’ensemble de son travail.

D. M.