Twitter risque-t-il la faillite…avec Musk ?  

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Twitter connait un avenir incertain après la nouvelle donne imposée par son nouveau propriétaire, le milliardaire Elon Musk.

Les décisions de Musk concernant les travailleurs continuent de rythmer la vie nouvelle de Twitter. Après le licenciement de la moitié des salariés et le départ de dizaine d’autres bien avant sa reprise du géant de la tech, ses injections pour rendre plus efficace les travailleurs a créé un malaise à l’intérieur de l’entreprise poussant une partie à la démission.

Vendredi plusieurs ingénieurs survivants du licenciement en masse de Musk ont jeté l’éponge refusant les directives du nouveau PDG.

En effet, Elon Musk a dicté de nouveaux termes aux travailleurs de Twitter. A ce titre, il a donné un ultimatum aux travailleurs de se donner « à fond, inconditionnellement » pour « bâtir un Twitter 2.0 révolutionnaire » ou partir avec trois mois de salaire.

Le groupe californien a déjà perdu la moitié des 7.500 employés à cause des derniers licenciements du multimilliardaire, alors que quelque 700 autres avaient déjà démissionné pendant l’été, avant même d’être sûrs que l’acquisition aurait lieu.

Selon un salarié de Twitter, il ne reste que « trois ingénieurs sur les 75 » de son équipe. « Si j’étais resté, j’aurais été de permanence quasi constamment, avec très peu de soutien pour une durée indéterminée sur des systèmes informatiques complexes dans lesquels je n’ai pas d’expérience », a-t-il expliqué après son départ.

« Que doit faire Twitter maintenant? », a tweeté Elon Musk vendredi matin, apparemment imperméable au chaos ambiant.

Retour de Trump sur twitter ?

Il a ensuite annoncé que plusieurs comptes d’utilisateurs suspendus ont été réadmis sur la plateforme, mais qu’il n’avait « pas encore pris de décision sur (Donald) Trump ».

« La politique du nouveau Twitter c’est la liberté d’expression, mais pas la liberté d’atteindre » le public, a-t-il encore tweeté, promettant de rétrograder à l’avenir les « tweets haineux ».

Vendredi soir, il a lancé un nouveau sondage : « Réadmettre l’ancien président Trump ? Oui/Non », assorti d’un tweet: « Vox populi, Vox Dei » (« La voix du peuple est la voix de Dieu »).

Fin de twitter ?

Face à l’attitude imprévisible de Musk, de nombreux utilisateurs du réseau social, notamment des ex-employés, des journalistes et des analystes, se demandaient si la fin de Twitter n’était pas proche.

Ces décisions de Musk sont marquées par des contradictions, des hésitations et des incompréhensions ne rassurants pas son personnel ni les utilisateurs. Car le fantasque entrepreneur a mobilisé des équipes jour et nuit sur des projets controversés, ensuite reportés. Il a lancé un plan social massif avant de devoir rappeler des personnes essentielles. Il a fait des promesses aux annonceurs tout en menaçant ceux qui fuyaient.

Un des risques les plus redoutés d’après un ex-ingénieur de l’entreprise, est la survenue de pannes à cause de la difficulté croissante à transmettre les compétences techniques, même s’il reste des personnes qualifiées et des systèmes de sécurité solides.

Mais le patron de Twitter n’est pas déstabilisé et ne manque pas de célébrer à sa manière un nouveau pic d’utilisation. « Et… nous venons d’atteindre un nouveau pic d’utilisation de Twitter, lol », ironisait Elon Musk jeudi soir, après une série de tweets humoristiques dont un drapeau de pirate à tête de mort.

Jeudi dans l’après-midi, Twitter a prévenu tous les employés que les bâtiments de l’entreprise étaient temporairement fermés et inaccessibles, même avec un badge, jusqu’à lundi.

Mais vendredi, Elon Musk a écrit aux développeurs pour leur demander de venir « au dixième étage à 14h » après lui avoir adressé par e-mail un récapitulatif de leur travail récent, d’après une source anonyme.

D’autres salariés, qui ont refusé l’ultimatum, ont perdu l’accès à leur ordinateur portable.

Une transition vers autre chose

Le controversé multimilliardaire a voulu racheter l’entreprise californienne au printemps, puis il n’en a plus voulu à l’été, et a été forcé de l’acquérir pour 44 milliards de dollars fin octobre, pour éviter un procès, en l’endettant lourdement.

Depuis, il divise toujours plus entre les inconditionnels, ceux qui veulent encore croire à l’ingénieur brillant, et ceux qui le vouent aux gémonies.

« On a l’impression que le ciel nous tombe sur la tête en ce moment, mais peut-être que non, peut-être que c’est une transition vers autre chose », souligne John Wihbey, professeur spécialiste des médias à la Northeastern University.

« Mais s’il continue toute cette folie et aliène ce qu’il reste des ingénieurs essentiels, il pourrait conduire le réseau par-dessus la falaise », reconnaît-il.

Jeudi soir, des messages anti-Elon Musk ont été projetés sur la façade du siège de l’entreprise à San Francisco, dont « Elon Musk, ferme-la », « Stop au Twitter toxique » ou « En avant vers la faillite », d’après des photos de Gia Vang, une journaliste de la chaîne NBC.

Avec agences