Un 1er pas dans l’application de la déclaration d’Alger

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Un 1er pas dans l’application de la déclaration d’Alger

Par Djilali B.

Plus qu’une simple visite de travail d’un responsable français en Algérie, elle est d’une forte symbolique et d’une levée de toute équivoque tant la relation entre Alger et Paris est désormais dans sa courbe naturelle.

Elle est à l’image de la relation entre les deux chefs d’Etat français et algérien, Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, qui affichent de plus en plus leur amitié. C’est en substance ce qui ressort du propos tenu hier par le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui est à sa troisième visite en Algérie depuis août dernier où il était dans la délégation du président Macron.

Le premier policier de France a d’ailleurs révélé être à Alger à la demande de son président, qui avait par ailleurs de son côté appelé son homologue algérien avant cette visite de Darmanin.

Signe que la polémique qu’il avait provoquée en évoquant le pass consulaire, passagère a-t-elle été, qui a provoqué l’ire du président Tebboune, est bien loin, très loin derrière avec le lot de tensions et de froid dans les relations entre Paris et Alger que la visite effectuée par le président Macron en Algérie a définitivement remisés dans la case «passé».

C’est dans cet esprit – et l’esprit de la déclaration d’Alger, signée entre les deux présidents en août dernier – que s’inscrit cette nouvelle visite de M. Darmanin en Algérie. Elle constitue un premier pas dans l’application de la déclaration d’Alger.

Une page tournée

Plus concrètement, on remet sur le tapis la question des visas, bien entendu, la gestion «politique» de ce dossier, qui a toujours provoqué la colère de l’Algérie, a été soulevée, et le ministre français d’annoncer un retour à la situation d’avant-Covid qui a, par-delà les restrictions induites par la pandémie, avait dès 2018 obéi à la logique des quotas décidée par Paris.

Paris adopte désormais une autre logique, si l’on s’en tient à la déclaration hier de M. Darmanin. Il a d’ailleurs pour cette nouvelle visite fait un «2en1» en allant comme dans un pèlerinage retrouver la ville de son grand-père. Son grand-père est né en Algérie.

Il tourne ainsi la page de sa diatribe sur les sans-papiers algériens et le refus d’Alger de leur délivrer le pass consulaire pour les expulser.

Un sujet qui devient d’ailleurs, à la faveur de cette visite, «ordinaire» et qui sera évoqué simplement et sans passion aucune, dans le sillage de la question des visas.

Il va sans dire que par-delà les questions liées directement aux préoccupations de son département, l’immigration, les visas et la libre circulation des personnes entre les deux pays qui ne font plus l’objet dans le «lourd» débat, le ministre français a évoqué d’autres sujets inscrits dans le registre de la déclaration d’Alger.

Il s’agit notamment de la question culturelle à laquelle la France attache une importance parce que devancée par les autres pays qui ont réussi à «capter» des potentialités et faire adopter leurs langues et cultures à travers des programmes orientés vers les jeunes et la culture.

Le président Macron a d’ailleurs insisté sur cette question et en a fait la démonstration dans la partie privée de sa visite en Algérie. De la jeunesse probablement, notamment les étudiants désireux de s’inscrire dans les universités françaises mais qui rencontrent d’énormes difficultés en plus des coûts.

Signes de détente et d’entente qu’inaugurent les deux pays dont les relations «passionnées, souvent passionnelles» ont souvent évolué en dents de scie, mais finissent toujours par retrouver leur cours naturel.

Le ministre français de l’Intérieur l’illustre parfaitement. Il l’a entamée avec une polémique et la fait évoluer sur une ligne de cordialité, la déclaration d’Alger constituant le fil conducteur.

D.B