Un taux de 6,4% en ce début d’année : La banque mondiale confirme le recul de l’inflation en Algérie

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« Vent favorable pour l'économie algérienne » : Le satisfecit de la banque mondiale

Par R. Akli

Après le fonds monétaire international (FMI), la banque mondiale, l’autre grande institution de Bretton Woods, vient de confirmer à son tour l’amorce d’un cycle baissier soutenu des tendances inflationnistes en Algérie, après des pics de plus de 9% atteints durant les deux années précédentes, sous l’effet notamment du renchérissement généralisé des prix des produits de base sur le marché international. Dans son dernier bulletin d’information économique sur la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), publié lundi sur son site officiel, le groupe de la banque mondiale a ainsi estimé que le rythme de l’inflation en Algérie, bien qu’il reste encore élevé, évolue désormais «sur une tendance baissière» pour se situer en ce début 2024 à un taux de 6,4%. L’inflation en Algérie, comme dans d’autres pays de la région, analysent les experts de la BM, «semble alimentée par la hausse des prix des denrées alimentaires, notamment des produits frais» ; un renchérissement qui se ressent «le plus», ajoutent les  mêmes experts, par «les couches les plus vulnérables, l’alimentation constituant une part considérable des dépenses des ménages à faible revenu». Dans son dernier rapport de suivi de la situation économique en Algérie, publié fin octobre 2023 sous le thème «poursuivre l’effort de diversification», la banque mondiale, faut-il le rappeler, avait déjà anticipé une tendance au recul de l’indice des prix à la consommation, respectivement à des niveaux de 8,6% et 7,9% pour l’année en cours et celle à venir, contre des taux record estimés à 9,3% et 9,5% en 2022 et 2023.

 «Effet différé de l’appréciation du dinar»

En ce sens, avait précisé la BM, «les resserrements récents des contrôles du prix des céréales et des légumineuses pourraient limiter les augmentations des prix des produits agro-industriels…», l’inflation, avait ainsi prévu l’institution financière internationale, devant «diminuer progressivement en 2024 et 2025, à mesure que la pluviométrie retrouve un niveau normal, que la croissance de la masse monétaire, celle des dépenses publiques et celle des prix alimentaires à l’importation s’atténue, et en raison de l’effet différé de l’appréciation du dinar».Un taux de change du dinar algérien qui, «après quatorze années consécutives de dépréciation, s’est apprécié de 6,2% par rapport au dollar américain et de 4% par rapport à l’euro au second semestre de 2022», avant de se stabiliser par rapport aux principales devises fortes durant l’année écoulée, la banque d’Algérie cherchant par ce biais à ralentir l’inflation importée, selon l’analyse de la banque mondiale. De fait, la part de l’inflation importée, soit du renchérissement des prix à l’importation, a pesé pour près de 70% dans le taux d’inflation globale observée durant ces deux dernières années en Algérie, selon de récentes estimations de la banque d’Algérie. Aussi, tel que l’a réaffirmé le président de la République, fin mars dernier lors sa traditionnelle entrevue télévisée avec des représentants de médias nationaux, l’Etat est décidé à renforcer progressivement la valeur de la monnaie nationale, en tant que levier important à actionner pour protéger le pouvoir d’achat des ménages, en contrant ainsi le phénomène d’inflation importée. A terme, a fait valoir le chef de l’Etat dans le même contexte, l’inflation, dont le niveau global a déjà baissé en ce début d’année à des taux de moins de 8%, continuera à être jugulée progressivement jusqu’à être contenue sous des seuils «qui ne devront pas dépasser 4% au maximum», a-t-il signifié. Un cycle de désinflation soutenu que viennent ainsi confirmer les nouvelles prévisions de la banque mondiale, après celles établies tout récemment par l’autre grande institution financière internationale qui est le FMI, en tablant également pour sa part sur un recul graduel et continu des pressions inflationnistes en Algérie à compter de l’année en cours et jusqu’à 2029. Dans son récent rapport sur l’économie algérienne, rendu public fin mars écoulé au titre de ses conclusions finales sur les consultations menées en décembre 2023 avec l’Algérie en vertu de l’article IV des statuts du fonds, le FMI a en effet indiqué que le rythme de l’inflation a commencé à ralentir à partir de l’année en cours, à la faveur notamment de «la baisse des prix des produits alimentaires frais». Selon les nouvelles projections du fonds, le taux d’inflation moyen en Algérie devrait ainsi passer d’un niveau de 9,3% enregistré durant l’exercice écoulé à 7,6% cette année, avant de reculer encore plus sensiblement pour baisser à 6,4% l’année prochaine, 6,1% en 2026, 5,5% en 2027, puis 5,2% et 5% en 2028 et 2029.

R.A.