Une demande a été déposée pour son introduction en bourse : Le CPA enclenche l’ouverture de son capital

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Elle prévoit de lever près de 100 milliards DA : Le CPA augmentera son capital de 30%

PAR NABIL M.

Le premier pas vers l’ouverture du capital du crédit populaire d’Algérie (CPA) vient d’être engagé, à la suite d’une demande déposée par cette banque publique au niveau de la Cosob, pour son introduction à la bourse d’Alger. C’est la semaine dernière que le CPA a déposé sa demande d’introduction en bourse et l’ouverture de son capital par appel public à l’épargne à hauteur de 30%, via une cession d’actions, a fait savoir hier Youcef Bouzenada, le président de la commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (Cosob), organisme chargé de la régulation du marché boursier national.

Le président de la commission a expliqué que cette demande, présentée conformément aux dispositions du règlement de la Cosob, relatif à l’information que doivent publier les sociétés et organismes faisant appel public à l’épargne, « comporte unprojet de notice d’information destinée à l’information du public et portant sur l’organisation de la banque, sa situation financière et l’évolution de son activité ».

Pour l’heure, le projet de notice d’information ainsi que le dossier y afférent sont en cours d’instruction par les services techniques de la Cosob, affirme le premier responsable de cette commission, ajoutant qu’une fois cette opération terminée, « le collège de la Cosob tiendra une séance plénière afin décider du visa, autorisant la banque publique à recourir à l’appel public à l’épargne par l’émission de valeurs mobilières ».

La banque de développement local (BDL) suivra les mêmes étapes du CPA, pour l’ouverture de son capital prévue vers la mi-2024, via la bourse d’Alger, dans le cadre d’une démarche visant la modernisation du secteur bancaire.

L’ouverture prévue pour le mois en cours

L’opération d’ouverture du capital du CPA se fera en janvier et portera sur un montant d’environ 100 milliards de DA, soit 30% du capital de cette banque publique, selon les déclarations de son directeur général Ali Kadri, qui avait expliqué, en décembre 2023, que le processus d’ouverture sera entamé par une réunion du conseil de participations de l’Etat, à l’issue de laquelle il donnera son feu vert à cette opération.

Cette étape, ajoute le même responsable, permettra de fixer les caractéristiques de l’opération, le montant et le prix de cession, avant que le conseil d’administration du CPA ne convoque l’assemblée générale de la banque, qui publiera les résultats d’ouverture du capital. La banque déposera par la suite son dossier de demande d’ouverture du capital auprès de la Cosob qui donnera ensuite son visa.

La banque, qui a fait l’objet d’une étude d’évaluation, élaborée par un cabinet-conseil international, lancera une campagne d’information financière qui permettra aux investisseurs d’avoir toutes les informations nécessaires, aussi bien sur la banque que sur l’opération d’ouverture du capital elle-même.

Un coup de boost pour la bourse et le secteur bancaire

L’introduction en bourse du CPA, et par la suite de la BDL cette année, représente un véritable coup de boost pour la bourse d’Alger ainsi que le secteur bancaire du pays. La première place financière d’Alger, faut-il le rappeler, ne compte que cinq entreprises jusqu’à présent avec des montants qui ne sont pas assez conséquents. La première opération qui sera lancée ce mois en cours pour le CPA, dont la première tranche sera de 50 milliards de DA, représente la plus importante introduction depuis l’ouverture de la bourse d’Alger, selon les déclarations du délégué général de l’association des banques et établissements financiers (Abef).

Le CPA a été préparé et assigné pour l’ouverture de son capital, du fait que cette banque était programmée auparavant pour coter en bourse, mais cette opération n’a pas abouti, ce qui fait d’elle une banque fin prête pour une telle opération nécessitant une solidité financière et un portefeuille important de PME.

L’ouverture du capital des deux banques « doit stimuler l’investissement et le marché
de l’emploi… en s’érigeant en modèles pour les institutions financières en matière de
prestations de qualité supérieure et d’efficacité », avait préconisé Abdelmadjid
Tebboune, lors d’une de ses réunions au conseil des ministres. Il avait affirmé que
l’année 2024 serait « l’année de la réforme bancaire profonde dans le cadre d’une nouvelle approche globale ».

N. M.