Une première depuis 1962: L’État ne cherche pas d’excuses, il s’excuse

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Le premier ministre, Aimene Benabderrahmane

Répondant à plusieurs questions soulevées par des députés jeudi dernier, concernant la disponibilité de certains produits alimentaires de base et la baisse du pouvoir d’achat des Algériens, le premier ministre Aïmène Benabderrahmane, contrairement à ses prédécesseurs, n’a pas fait l’autruche, encore moins cherché des excuses.

Se disant parfaitement conscient de cette situation, il souligne que les pouvoirs publics «travaillent pour améliorer le quotidien des Algériens», avant de surprendre tout le monde en présentant des excuses, au nom du gouvernement algérien, au peuple. «Je présente mes plus plates excuses à tout père ou mère de famille qui a trouvé des difficultés à se procurer des produits de large consommation», lancera Benabderrahmane, tout ému devant le parlement.

Les représentants du peuple, stupéfiés, mais touchés par ce qui venait de se produire, ont applaudi longuement et chaleureusement le premier ministre, qui était à ce moment-là au bord des larmes. Après un temps d’arrêt, le chef de l’Exécutif a repris son souffle et changé de ton. «On ne peut pas parler de la situation économique et sociale d’un pays sans évoquer le pouvoir d’achat qui est au cœur des politiques publiques. Je ne cherche pas à justifier, mais à donner des clarifications afin de ne pas laisser le terrain aux individus tendancieux pour noircir volontairement la situation du pays», a-t-il déclaré. «L’État va frapper d’une main de fer toute personne qui tenterait de jouer avec la nourriture des Algériens pour créer l’instabilité pour pousser l’État à revenir à l’importation sauvage qui a épuisé les ressources du peuple et de la nation», a-t-il assuré.

Cette séquence restera sûrement dans les annales, puisque c’est la première fois qu’un haut responsable de l’État assume ses responsabilités et vient s’excuser en public auprès du peuple. Jusque-là, on a eu droit à des accusations contre les Algériens eux-mêmes, comme en témoigne l’épisode du «yaourt», des accusations, sans rapport avec le problème, contre la main étrangère … Y en a même qui s’en sont pris à la nature et au climat, sans jamais penser à ce qu’ils n’ont pas fait, ou pas assez bien fait.

S. H.