USA : le veto de la honte

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USA : le veto de la honte

PAR AMAR R.

Le massacre de civils dans la bande de Ghaza s’est poursuivi hier pour le 64e jour consécutif, après l’échec du conseil de sécurité à faire adopter vendredi une décision
obligeant l’entité sioniste à arrêter son agression inhumaine et barbare, qui a entraîné plus de 17.500 morts et 42.000 blessés palestiniens.

Cet échec à faire cesser le bruit des armes dans l’enclave palestinienne soumise à un tapis de bombes par l’armée sioniste, depuis plus de deux mois, intervient après que les Etats-Unis eurent opposé leur veto à une résolution initiée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a invoqué l’article 99 de la charte des nations unies pour l’établissement d’un cessez-le-feu, affirmant que les conditions actuelles rendent « les opérations humanitaires significatives » impossibles à mener.

Lors du vote du projet de résolution de cessez-le-feu, coparrainé par 99 pays et soutenu par 13 sur les 15 pays membres permanents du conseil de sécurité, le représentant des Etats-Unis au conseil de sécurité de l’ONU, Robert A. Wood, était le seul à lever la main contre, devant une seule abstention, celle de la Grande-Bretagne. Qualifié de veto de la honte, le 35e depuis 1970 à une résolution sur le dossier israélo-palestinien (sur 39 au total), ce veto des Etats-Unis, qui défie la volonté du monde entier, est dénoncé de partout, notamment de la part des membres du conseil de sécurité, comme la Chine, la Russie, la France et les Emirats arabes unis, qui ont fait part de leur « déception » après cette décision, ainsi que par les ONG dont Médecins sans frontières (MSF) et Human Rights Watch (HRW).

Malgré le vote du conseil, Antonio Guterres « reste déterminé à pousser pour un cessez-le-feu humanitaire », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric. Le secrétaire général avait vendredi matin appelé avec force le conseil à agir pour éviter « l’effondrement total de l’ordre public » dans la bande de Gaza, dénonçant « la punition collective du peuple palestinien ».

Un feu vert supplémentaire à l’occupation

Réagissant à ce vote, l’autorité palestinienne a dénoncé l’utilisation par les Etats Unis du veto au conseil de sécurité, estimant que cette résolution, qui défie la communauté internationale par l’administration américaine, donnerait un feu vert supplémentaire à l’occupation israélienne pour poursuivre son agression contre le peuple palestinien, et constituerait une honte qui hante les Etats-Unis depuis des années.

Mahmoud Abbas, président palestinien, a qualifié la position américaine d' »agressive et immorale », et d' »une violation flagrante de toutes les valeurs et principes humains ». Il a accusé aussi les Etats-Unis d’être « responsables du sang qui coule des enfants, des femmes et des nouveau-nés palestiniens dans la bande de Ghaza par les forces d’occupation ».

Le président de l’autorité palestinienne a affirmé que cette politique américaine reflète que « les Etats-Unis sont un partenaire du crime de génocide, du nettoyage ethnique et des crimes de guerre commis par les forces d’occupation israéliennes contre les Palestiniens dans la bande de Ghaza, la Cisjordanie et à Jérusalem, avertissant que cette politique devenait un danger pour le monde et une menace pour la sécurité et la paix internationales ».

De son côté, le mouvement de la résistance a « fermement condamné » hier le veto américain, le qualifiant de « position immorale et inhumaine » et de « participation directe » aux « massacres », selon un haut responsable politique du mouvement.

Une série de raids violents font des dizaines de martyrs, de blessés et de disparus

Dans ce contexte, l’aviation sioniste a mené une série des raids aériens sur des zones différentes dans la bande de Ghaza, à Jabaliya, à Deir al-Balah et à Khan Younès qui ont entraîné la mort de dizaines de civils palestiniens et d’autres ont été grièvement blessés, alors que de nombreux citoyens restent encore sous les décombres.

Selon des sources locales, les équipes médicales et de sauvetage ont des difficultés
sérieuses à retrouver et retirer les corps des martyrs, en raison des bombardements incessants sur différents régions de Ghaza, la situation humanitaire a atteint des niveaux déplorables, où il n’y a pas de nourriture, d’eau et de vêtements. Depuis le début de l’agression, un bilan provisoire fait état de plus de 17.700 civils morts et 48.780 blessés en deux mois de guerre et des milliers sont toujours portés disparus. Ce qui fait de la bande de Ghaza « l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant. Des dizaines d’enfants y sont tués et blessés quotidiennement », a dénoncé dans un communiqué Adele Khodr, directrice régionale de l’Unicef pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

Du côté de l’armée d’occupation, le nombre de soldats morts et de blessés dans les combats est de 5000 selon les médias, et non de 2000 comme l’affirme l’armée sioniste, qui a toujours caché les vrais chiffres de ses pertes devant les factions palestiniennes qui continuent de mener des actions de résistance armée.

A. R.