Utilisation de la famine comme arme de guerre par Israël : L’Algérie appelle à une action urgente

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Par M. Mansour

«Neuf mois après la mise en marche de la machine de guerre contre la population sans défense de Ghaza, la situation humanitaire est catastrophique.» Le propos est celui du représentant permanent de l’Algérie à l’ONU, Amar Bendjama, qui a dénoncé hier l’utilisation systématique de l’affamement comme arme de guerre par Israël contre la population de Ghaza, soulignant l’urgence d’une intervention internationale pour éviter une famine totale.

S’exprimant au nom des A3+, regroupant l’Algérie, le Guyana, le Mozambique et la Sierra Leone, lors de son intervention à la séance du conseil de sécurité consacrée au Moyen-Orient et à la Palestine, M. Bendjama a mis en exergue l’inefficacité des mécanismes visant à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire à Ghaza. Il a, par-là même,  rappelé qu’en décembre 2023, le conseil de sécurité avait adopté la résolution 2720 pour faciliter cet acheminement. Cependant, ce mécanisme est désormais paralysé en raison des nombreux obstacles imposés par les forces d’occupation israéliennes. Avant l’adoption de cette résolution, environ 500 camions d’aide entraient quotidiennement à Ghaza, mais ce chiffre est tombé à moins de 100 aujourd’hui.

 

La famine comme arme de guerre

Lors de son intervention, le diplomate algérien a mis en avant le rapport de la directrice exécutive du programme alimentaire mondial (PAM), qui a averti que la famine à Ghaza ne pourrait être évitée qu’en garantissant un « accès immédiat et complet » à l’enclave. Et de poursuivre en accusant Israël de se servir de la faim comme une véritable arme de guerre, visant à affaiblir les Palestiniens et à les pousser hors de leur terre. M. Bendjama a également évoqué les obstacles bureaucratiques et administratifs qui ralentissent considérablement l’acheminement des aides, ainsi que la destruction du passage de Rafah, essentiel pour leur entrée à Ghaza.

En évoquant la situation humanitaire à l’intérieur de la bande de Ghaza, le diplomate algérien a qualifié celle-ci de désastreuse en raison des attaques continues lors des opérations de livraison d’aides humanitaires, compliquant la tâche des travailleurs humanitaires. « Au moment où nous débattons du nombre de camions entrant à Ghaza et comment obliger l’occupant à respecter ses obligations liées au droit humanitaire, les gens à Ghaza meurent de faim. Il s’agit de la pire situation jamais documentée », a-t-il fait remarquer, déplorant que l’Unrwa soit aujourd’hui incapable de travailler efficacement dans la bande de Ghaza à cause des attaques répétées contre ses installations et son personnel.

Dans ce contexte, M. Bendjama a exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts pour exercer une pression sur Israël afin de lever les restrictions sur l’accès humanitaire à Ghaza. Il a averti que la vie des Palestiniens est menacée par la faim et les maladies, et sans une action urgente le monde sera témoin d’une tragédie humanitaire historique.

En juin dernier, le nombre de camions entrant à Ghaza était limité à 73 par jour, un chiffre qui reflète la politique délibérée d’Israël d’utiliser la famine comme arme de guerre. Bendjama a insisté sur l’urgence de remédier à cette situation et a conclu son discours en appelant à une révision et une amélioration des mécanismes en place pour assurer une aide humanitaire plus efficace et plus rapide.

M.M.