L'Algérie Aujourd'hui
Le Monde

Washington menace Pékin

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a mis en garde hier la Chine quant à sa position vis-à-vis de la Russie, qui menace selon elle son « intégration » dans l’économie mondiale. « L’attitude du monde envers la Chine et sa volonté d’embrasser une intégration économique plus poussée, pourraient bien être affectées par la réaction de la Chine à notre appel à une action résolue contre la Russie », a averti la ministre de l’Economie et des Finances de Joe Biden, dans un discours à l’Atlantic Council, un groupe de réflexion américain. La Chine est restée un partenaire de Moscou malgré l’invasion de l’Ukraine. Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ont pris plusieurs séries de sanctions économiques et financières contre la Russie, notamment des gels d’avoirs et des interdictions de transactions contre les grandes banques russes. Ces mesures doivent forcer « le Kremlin à choisir entre soutenir son économie et financer la suite de la guerre brutale de (Vladimir) Poutine », a rappelé Janet Yellen. Elle a, plus largement, fustigé les pays et entreprises qui n’ont pas rompu leurs liens commerciaux avec la Russie, soulignant que ces pays espèrent sans doute « remplir le vide laissé par les autres en préservant leurs relations avec la Russie. Ce genre de motivations ne tient pas sur le long-terme ».

Réformer les institutions internationales

Janet Yellen a également appelé à une réforme des grandes institutions économiques mondiales, estimant que la guerre en Ukraine prouvait la nécessité de faire évoluer des organisations comme le Fonds monétaire international.   « Nous devons moderniser nos institutions existantes – le FMI et les banques multilatérales de développement – pour qu’elles soient adaptées au 21e siècle, où les défis et les risques sont de plus en plus mondiaux », a-t-elle déclaré, à cinq jours du début des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, qui se dérouleront de nouveau en mode hybride. Mme Yellen a notamment appelé à regarder « la gouvernance de l’institution, pour s’assurer qu’elle reflète à la fois l’économie mondiale actuelle et les engagements des membres envers les principes et objectifs sous-jacents du FMI ».   « Certains diront peut-être que ce n’est pas le moment de voir les choses en grand », a reconnu la ministre. « Mais je pense que c’est le bon moment pour réparer les failles dans notre système financier international, qui nous posent problème en temps réel. »

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