Benbouzid sonne l’alerte : «Attention, tous les indicateurs d’une 4e vague sont là !»

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/Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, qui assistait, hier, au 1er Algerian Invest Conference, a averti quant aux prémices d’une 4e vague de la Covid-19, que tous les indicateurs semblent annoncer : «Attention, attention. Il faut voir ce qui se passe ailleurs. Les gens doivent se faire vacciner quand ils sont à l’aise. Car une fois qu’on est vacciné, il faut encore attendre quelques semaines pour être immunisé. Ce n’est pas lorsque la situation va flamber qu’on va se faire vacciner».

Abderrahmane Benbouzid qui présentait, à cette première conférence sur l’investissement en Algérie, la stratégie nationale de lutte contre la pandémie de Covid-19 et de relance de l’économie nationale, avouera : «Je ne suis pas devin, mais il y a tous les indicateurs d’une 4e vague. Et on s’y prépare».  Il déplorera, néanmoins, le fait que les citoyens aient afflué vers les centres de vaccination après l’atteinte du pic épidémique de la 3e vague, mais «un relâchement a été constaté avec le recul du nombre des chiffres». Plus de 247.000 personnes se faisaient vaccinés chaque jour lors des derniers pics épidémiques, avant que ce nombre ne recule à moins de 20.000 vaccinations quotidiennes, ces derniers jours. «C’est vraiment dommage», regrettera t-il, en déplorant que «quand il y a eu la pandémie et qu’on n’avait pas assez de vaccins, les gens accouraient pour se faire vacciner, alors que nous avions expliqué cela par les tensions au niveau mondial qu’il y avait sur les vaccins à ce moment là. Nous pensions qu’avec la 3e vague, qui était extrêmement éprouvante, les gens allaient continuer à venir se faire vacciner. Eh bien non. Dès que les chiffres ont commencé à baisser, les gens ne venaient plus».

Le ministre a rappelé qu’un stock de différents vaccins importés est disponible au niveau de 800 établissements de santé mobilisés pour cette opération, et que 13 millions de doses de vaccin attendent au niveau des services de certains hôpitaux d’être injectées. Il en profitera pour réitérer son appel aux citoyens non encore vaccinés pour le faire, ce qui permettra de freiner la propagation du virus.

«13 millions de doses risquent d’être périmées»

Le ministre de la santé n’a pas manqué de faire part de son autre déception à peine voilée : «Quand vous avez des produits qui sont soumis à une durée de validité, Qu’est-ce que vous dites à la population ? Vous allez dire que les vaccins sont là, et si on ne les utilise pas ils vont être périmés». Le Pr Benbouzid indiquera que 13 millions de doses sont menacées de péremption et avouera avoir décalé, et même annulé la réception de nouveaux lots de vaccins car les moyens de stockage peuvent être dépassés, alors que les quantités disponibles ont du mal à trouver preneur. Le ministre a fait état de l’importation de près de 29 millions de doses de vaccin anti-Covid-19 depuis l’apparition de la pandémie. Il a rappelé, à cette occasion, que «l’Etat a mobilisé tous les moyens nécessaires afin de rendre le vaccin accessible à tous.  Pour ce qui est des moyens mobilisés, notamment avec l’expérience de la troisième vague qui a connu une forte demande en matière d’oxygène, le Pr Benbouzid a souligné qu’«en riposte à cette situation d’urgence, l’Etat a eu recours à l’acquisition de 4.500 concentrateurs d’oxygène et d’un nombre important de générateurs, avec le renforcement de la production nationale au niveau des quatre entreprises nationales».

Mieux encore, le ministère rappellera que son ministère a adapté certaines lois à la situation épidémiologique du Covid-19, afin de faciliter l’acquisition de certains médicaments, équipements et dispositifs médicaux par la mise en place d’un couloir vert pour l’exonération de certains produits des taxes douanières. Quant au nombre de lits hospitaliers, le ministre a affirmé que le secteur «en a ouvert à chaque fois que cela a été nécessaire, en fonction du nombre de cas», rappelant que «11.263 malades ont été hospitalisés lors de la première vague, 8.110 lors de la deuxième vague et 17.000 durant la troisième vague, et parmi lesquels beaucoup nécessitaient de l’oxygène». Pour faire face à la saturation des hôpitaux et à la forte demande d’hospitalisation dans la capitale en raison de sa forte densité de population, le ministère a mobilisé les hôpitaux des wilayas limitrophes (Boumerdes, Blida et Tipasa), a noté M. Benbouzid qui assurera que «le secteur est prêt à faire face» en cas de quatrième vague, comme le prévoient des experts en s’appuyant sur la situation dans d’autres pays.

B. A.

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