Ces laissés-pour-compte du système sanitaire

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/Nombre de personnes relevant de la catégorie aux besoins spécifiques souffrent en silence. Hormis la mauvaise prise en charge de leur situation d’handicap, qu’ils soient non-voyants, sourds, cancéreux, insuffisants rénaux ou encore des victimes d’erreurs médicales, ces Algériens sont aussi les laissés pour compte d’un système sanitaire dans lequel ils ne trouvent pas de solution à leurs cas.

Des représentants d’associations et fédérations qui ont été reçues pour audition dimanche par la commission  de la santé et des affaires sociales de l’APN, ont voulu faire entendre leurs voix, et donné un aperçu – chiffres à l’appui- des conséquences de la prise en charge défectueuse de ces catégories vulnérables. Ainsi, le président de la Fédération nationale de l’insuffisance rénale, Mohamed Boukhers, a relevé une hausse dans le nombre des insuffisants rénaux en Algérie, en dénonçant le manque de prise en charge qui a généré une hausse des décès. À cet effet, il a relevé que la législation en vigueur dans ce domaine était «injuste et doit être mise à jour», et également critiqué «les procédures de sécurité sociale en vigueur et le manque de centres d’hémodialyse». Lors de son audition par ladite commission de l’APN, il a aussi exhorté les députés à soumettre les préoccupations des malades au Gouvernement pour la prise des mesures susceptibles d’améliorer leur situation.

Non application des lois

Pour les handicapés moteurs, «le plus gros problème rencontré par cette catégorique est la non application des lois», a indiqué le vice-secrétaire général de l’Organisation nationale des handicapés moteurs, Sofiane Khalfallah en préconisant, «l’actualisation voire la révision de la loi 02-09 et la prise des mesures nécessaires pour son application sur le terrain». Il a souligné, en outre, que «l’inexistence d’un contrôle rigoureux de l’application de la loi avait eu des conséquences négatives sur les personnes aux besoins spécifiques». Et alors que le représentant de la catégorie des sourds muets insiste sur «l’importance de former des médecins en langage des signes et la fourniture des équipements médicaux spécifiques à cette catégorie à des prix raisonnables», celui des malades cancéreux s’est plaint du «manque de médicaments qui s’est accentué en raison de la pandémie de Covid-19 et de la chimiothérapie, en sus des problèmes liés à l’hébergement pour les malades venus des wilayas lointaines».

18.000 nouveaux cas de cancer du sein en 2021

D’autre part, la représentante de l’Association Amal pour les patients atteints de cancer a fait état de 18.000 nouveaux cas de cancer du sein en 2021 et le décès de 4.210 femmes, et a souligné à cet égard la nécessité de mieux utiliser les accélérateurs de radiothérapie, en insistant sur les  campagnes de sensibilisation pour le dépistage précoce de ce type de cancer, qui peut, selon elle, être traité de façon permanente dans la plupart des cas qui sont découverts précocement. La représentante de l’association a appelé à une meilleure prise en charge des enfants atteints de cancer et à l’adoption de technologies modernes et adaptées à cette catégorie de patients.

2,5 millions de victimes d’erreurs médicales

À son tour, le président de l’Organisation algérienne des victimes d’erreurs médicales a révélé que 2,5 millions de personnes meurent chaque année des suites d’erreurs médicales, en préconisant un certain nombre de propositions dans le but de réduire ces erreurs, au premier rang desquelles une meilleure prise en charge des femmes enceintes dans les services publics d’obstétrique pour éviter une tendance intense à la césarienne, réduire les taux de transfert des patientes des hôpitaux publics se dirigeant vers les cliniques privées et programmation des journées d’étude pour analyser ce phénomène et rechercher des solutions.

De son côté, le représentant de l’association «Espoir de vie» pour les patients atteints de paralysie cérébrale a présenté les difficultés les plus importantes rencontrées par cette catégorie et a souligné la nécessité de créer des centres régionaux de traitement et de fournir les médicaments et les moyens nécessaires, en insistant sur la prise en charge par l’Etat du traitement.

Lors de son intervention, le représentant de l’Association des patients diabétiques a exigé que l’Etat assure un remboursement des médicaments pour tous les patients diabétiques et un remboursement  pour l’acquisition des pompes à insuline pour les enfants diabétiques.

Pratiques immorales des labos

Dans un autre contexte, le président du Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales (SALAM), Yacine Mizi Allaoua, a mis en garde contre «l’existence de certaines pratiques immorales et des intrus en raison de l’absence du contrôle et l’absence de textes réglementaires pour la loi sur la santé», ajoutant que «la pandémie de Covid-19 a montré l’anarchie totale dont est victime le citoyen». En appelant à «confier l’analyse médicale à des professionnels et punir les contrevenants», il a souligné l’impératif de réglementer les prix d’analyse et l’indemnisation, en assurant la coordination et la coopération entre les secteurs public et privé dans ce domaine.

Enfin, le président du Conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes a souligné la nécessité de mettre à jour la loi du Conseil, et a également soulevé la question du départ massif à l’étranger des récents diplômés et a suggéré des solutions à ce phénomène qui, selon pour lui, s’est aggravée ces dernières années.

  1. R.