L’Algérie lance un appel d’offres pour 700.000 tonnes de blé pour avril-mai, dont 500.000 tonnes de France : Sécurisation maximale des stocks

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/Le conflit russo-ukrainien a sérieusement perturbé l’importation du blé à partir de l’Europe de l’Est, du fait de l’impossibilité de faire sortir le blé ukrainien depuis les ports et les sanctions imposées à la Russie ont poussé certains pays, traditionnels acheteurs depuis cette région du monde, à modifier leurs sources d’approvisionnement en se tournant vers la France.

Parmi ces pays, l’Algérie qui reste la moins exposée aux pénuries de blé, le ministre de l’Agriculture vient d’annoncer que les stocks de blé dur vont jusqu’à la fin de l’année, et ceux de blé tendre jusqu’à la fin août, mais qui semble vouloir aller vers plus de sécurité en augmentant les stocks.  C’est du moins ce que le quotidien français, les Echos vient de révéler. L’Algérie a émis, en mars, plusieurs appels d’offres internationaux portant sur la livraison, en avril-mai 2022, de 700.000 tonnes de blé, dont 500.000 tonnes d’origine française. Ces volumes devraient, pour une bonne partie, être traités par le port de Rouen.  Après avoir étudié les ports et silos portuaires français en capacité de répondre rapidement à la demande algérienne, les exportateurs ont notamment contacté Senalia, premier opérateur de logistique céréalière d’Europe de l’Ouest, installé sur le port de Rouen avec trois silos. «Nous pensons charger d’ici le mois de mai environ 450.000 tonnes de blé vers les ports algériens depuis Rouen, ce qui représenterait une quinzaine de navires», annonce Gilles Kindelberger, directeur général de Senalia.  Le directeur général de la coopérative normande NatUp, Patrick Aps a indiqué «pour le mois d’avril, nous allons charger trois fois plus de bateaux depuis notre silo Simarex sur le port de Rouen qu’avant la crise». Et d’ajouter : «Nous allons refaire de l’Algérie, un ancien gros client».  Mais la France peut-elle répondre au manque que constituera le blé russo-ukrainien sur le marché ? La réponse de Pascal Gabet, directeur territorial d’Haropa-Port de Rouen est négative. Evoquant les réserves françaises restantes, il dira : «Elles sont faibles. Il ne reste en France qu’un million de tonnes de blé à arbitrer entre l’alimentation humaine et les autres usages». Plus explicite, il précisera qu’«en dehors des cultures de printemps, la campagne 2021-2022 est jouée et les assolements sont faits». Sur les leviers possibles pour faire face à la forte demande mondiale de blé qui s’annonce, il reconnaîtra que, pour les agriculteurs, la décision de cultiver plus de blé en 2023 va relever du casse-tête. «Dans leurs calculs de rentabilité, il leur faut intégrer le cours du blé qui a atteint des sommets, mais qui est très volatile, le cours des engrais azotés qui s’est envolé lui aussi, et les nouvelles règles européennes Farm to Fork ».

B. A.