Ouverture du marché des smartphones : top départ

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PAR M. MANSOUR

La marque de smartphones Realme a récemment lancé une campagne publicitaire sur les chaînes de télévision satellitaires, annonçant l’introduction sur le marché algérien de l’un de ses appareils fabriqués localement. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale encouragée par le gouvernement pour redynamiser ce secteur plongé dans la léthargie depuis plusieurs années.

La marque émergente de téléphonie mobile, appartenant tout comme Oppo au groupe BBK Electronics, a clairement montré son intérêt pour le marché algérien. En s’engageant à produire certains de ses modèles localement, Realme entre d’ores et déjà dans une logique de concurrence contre plusieurs autres marques internationales qui aspirent à revenir, ou à débarquer sur le marché algérien. Il convient de souligner que l’initiative de Realme découle de l’enthousiasme suscité par sa vaste gamme de smartphones auprès des Algériens. Le fabricant a ainsi pris les devants pour répondre à une demande croissante, clairement reflétée dans les statistiques de l’entreprise. En effet, l’Algérie se positionne au deuxième rang des pays de la région Mena en termes d’activations de smartphones, avec une préférence marquée pour les modèles Realme 11 Pro, Realme C33 et Realme C30s.

L’autre aspect auquel les responsables de la marque ont porté une attention particulière concerne l’origine des appareils vendus en Algérie. Une analyse des activations des smartphones Realme dans le pays a révélé que la quasi-totalité de ces appareils ont été introduits de manière illégale sur le territoire algérien via le fameux « cabas ». Par conséquent, Realme a pris la décision de conquérir le marché algérien en produisant localement une partie de sa gamme de produits, très appréciés par les utilisateurs algériens pour leurs spécifications techniques et leur rapport qualitéprix.

Mettre fin au marché informel

La décision du fabricant peut également être motivée par la détermination des autorités algériennes à mettre fin à l’importation illégale de smartphones. Cette fermeté se manifeste notamment par des mesures de contrôle strictes aux aéroports et la réglementation de l’achat de smartphones par colis postaux. D’autre part, compte tenu de la volonté affirmée des autorités de réguler ce secteur, notamment en accordant des avantages aux marques algériennes et étrangères, plusieurs acteurs saisiront cette opportunité. Cela devrait contribuer à dynamiser un marché qui est en léthargie depuis 2018.

C’est dans ce cadre que plusieurs marques internationales et algériennes collaborent initialement pour relancer l’activité d’assemblage en Algérie. Dans un article précédent, nous avons déjà mentionné des marques telles que Vivo et Infinix qui s’inscrivent dans cette dynamique. De plus, le géant chinois Xiaomi envisage également de se lancer dans l’assemblage, avec l’objectif de conquérir un marché comptant plus de 49 millions d’abonnés à la téléphonie mobile. Ce qui nous amène à penser que ces enseignes mondiales montrent un intérêt particulier pour le marché algérien, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’Algérie, en tant que pays en développement économique, voit son secteur des technologies de l’information et de la communication, notamment les smartphones, croître rapidement. Cette croissance, combinée à une population en expansion et à une urbanisation marquée, crée un environnement favorable aux investissements.

De plus, le marché algérien présente une demande constante qui peut culminer à sept millions d’unités par an, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant des consommateurs pour les technologies numériques et les services connectés. Les fabricants de smartphones, conscients de cette tendance, cherchent à en tirer parti en proposant des produits et des services adaptés aux besoins locaux. En outre, l’Algérie représente une voie d’accès stratégique au marché africain, offrant à ces entreprises l’opportunité de renforcer leur présence dans la région.

M. M.