Prix à la consommation : Recul de l’inflation importée

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Lutte contre les pénuries et les flambées des prix : Le plan

Ingrédient principal de la cherté de la vie en Algérie depuis le contexte de la pandémie mondiale de Covid-19, l’inflation importée, c’est-à-dire la hausse des prix des produits provenant de l’importation, devrait commencer à reculer à partir de cette année, selon les dernières projections du fonds monétaire international (FMI) dévoilées avant-hier sur son site officiel.

PAR R. AKLI

De fait, font ressortir les toutes dernières mises à jour des anticipations de cette institution financière internationale sur les perspectives économiques mondiales, l’inflation globale à travers la planète devrait poursuivre son reflux pour s’établir à 5,5% en 2024 et à 4,4% en 2025, soit des chiffres respectivement inférieurs de 0,3 point de pourcentage et de 0,2 point de pourcentage aux dernières projections du fonds. Selon l’institution de Bretton Woods, « il s’agit là de la première révision à la baisse cumulée portant sur deux années depuis trois ans (c’est-à-dire depuis la mise à jour des perspectives de l’économie mondiale de janvier 2021) ».

Ainsi, outre un recul des prix de l’énergie, le FMI prévoit que « les prix des produits de base hors combustibles devraient décroître de 0,9% en moyenne » à partir de cette année. Au-delà des estimations des niveaux de baisse des prix mondiaux projetées sur les court et moyen termes, le constat dressé par le fonds monétaire international indique surtout une tendance soutenue à une désinflation au niveau mondial, ce qui devrait se répercuter par un recul progressif des prix des produits importés. Importateur de divers biens de
consommation, mais aussi d’intrants nécessaires à la production nationale, l’Algérie,
faut-il le rappeler, a subi de plein fouet l’impact des fortes poussées inflationnistes
consécutives à la hausse des produits de base, nées notamment du contexte de récession mondiale qui a suivi la crise sanitaire de Covid-19. Bien qu’avantagé par la hausse des
prix mondiaux de l’énergie, le marché national a néanmoins été fortement impacté par
la tendance haussière des prix des autres biens et services à l’échelle internationale, notamment ceux des biens alimentaires, principal vecteur de l’inflation en Algérie
durant ces trois dernières années.

Des pressions inflationnistes qui, faut-il le souligner, ont atteint des pics de plus de 9% et qui, selon les constats de la banque d’Algérie, sont causés principalement et à hauteur de près 70% par l’inflation importée, ce qui s’explique, selon l’autorité monétaire du pays « par la grande exposition des prix intérieurs à l’évolution des prix mondiaux qui ont connu de
fortes augmentations, notamment ceux des produits alimentaires ». Aussi, pour contenir ce phénomène qui a lourdement impacté le coût de la vie de par le monde durant ces quelques années, les pouvoirs publics en Algérie ont mis en place tout un arsenal antiinflationniste, axé sur des mesures ponctuelles de réduction de taxes douanières sur
certains produits de large consommation telles que les viandes, mais aussi et surtout sur des actions plus structurelles visant à préserver sur le long terme le pouvoir d’achat des ménages.

Des actions orientées notamment sur un effort conséquent de revalorisations salariales à hauteur de 47%, une consolidation des dispositifs publics de subventions, une politique volontariste de réévaluation du dinar et une lutte sans merci contre les pratiques spéculatives qui alimentent les pénuries et les flambées des prix sur les marchés internes. Au-delà cependant des mesures permettant d’atténuer l’inflation importée, le grand challenge pour améliorer durablement le niveau de vie des citoyens demeure celui de renforcer l’offre locale en divers biens et services et la réorganisation des circuits de distribution, de sorte à instaurer des systèmes de prix équilibrés et mieux régulés.

R. A.