Zitouni : «Le gaspillage des produits alimentaires nous coûte 320 millions $ par an»

0
79

PAR ADEL C.

En marge du lancement de la campagne nationale contre le gaspillage, Tayeb Zitouni, ministre du commerce et de la promotion des exportations, a assuré que ce fléau augmente pendant le mois de ramadan en raison de l’empressement excessif de certains citoyens. Le ministre a donné des chiffres en affirmant que « plus de 100 millions de baguettes de pain sont gaspillées durant ce mois sacré », avant d’ajouter : « Plus de 900 millions de baguettes de pain le sont durant l’année. Si on compte tous les produits alimentaires, le gaspillage nous coûte 300 millions de dollars chaque année, ce qui est beaucoup. » « Je lance donc un appel aux citoyens pour qu’ils consomment de manière rationnelle. Il ne faut pas faire dans l’excès. Nous sommes tous concernés par ce phénomène que nous sommes appelés à combattre. Nous avons assisté aujourd’hui au lancement d’un spot publicitaire pour sensibiliser les citoyens. Les influenceurs, les médias et tous ceux qui peuvent changer les choses doivent se joindre à ce combat et lutter contre le gaspillage », a-t-il ainsi indiqué.

«J’invite les citoyens à dénoncer tous les commerçants qui augmentent les prix»

Par ailleurs, le ministre a indiqué que « tous les produits alimentaires de large consommation sont disponibles dans les magasins et sur les marchés », soulignant que « les agents de contrôle travaillent à surveiller les prix et à éviter les monopoles ». Puis il a enchaîné : « Notre but est de préserver aussi les prix de ces aliments. Les marges bénéficiaires doivent être étudiées mais aussi et surtout respectées. Les règles doivent l’être aussi. Nous lutterons contre la hausse des prix. S’il faut faire appliquer la loi pour recadrer ceux qui n’appliquent pas les consignes, nous le ferons. » Toujours dans le même contexte, Zitouni a déclaré face aux journalistes : « Nous disposons de 7000 agents pour contrôler 2 millions de commerçants. Nous faisons de notre mieux pour isoler ceux qui nuisent aux citoyens, mais en même temps nous avons besoin d’aide pour sévir là où nos représentants ne peuvent pas être présents. C’est pour cette raison que nous invitons tous ceux qui remarquent une hausse des prix lors de ce mois de ramadan mais aussi pendant les autres mois à dénoncer les auteurs de ces dépassements. »

«Les oignons, la pomme de terre, les agrumes et les dattes ont été exportés cette année»

Tayeb Zitouni a ensuite poursuivi : « La loi nous permet de contrôler les produits subventionnés qui sont quatre, à savoir la semoule, l’huile de table, le sucre et le lait pasteurisé. Nous avons pour objectif de contrôler d’autres produits à l’avenir et nous espérons pouvoir le faire. » Le premier responsable de ce secteur a parlé des produits exportés et a dit : « Les produits où il y a un surplus de production ont été exportés, à
l’image des oignons, de la pomme de terre, des agrumes ainsi que des dattes. Le président de la République a été clair, il n’est pas question d’exporter les produits que nous importons. Nous suivons ses directives et nous continuons à faire tout notre possible sur le terrain afin que tous les aliments de large consommation soient disponibles à longueur d’année dans nos marchés. »

Le ministre réagit aux prix excessifs de la viande locale

Lors de sa visite au centre commercial City Center de Bab Ezzouar, Zitouni a été interpellé par les prix des viandes rouges, ce qui l’a poussé à reagir. « 2890 DA pour un kilo de viande d’agneau et 2700 DA pour la viande bovine, ce n’est pas cher, mais plutôt trop cher ! Y a-t-il vraiment une différence avec la viande rouge importée ? Ce qui est sûr, par contre, c’est que ces prix ont dépassé toutes les attentes. C’est pour cette raison que l’Etat a décidé d’importer cet aliment afin de casser les prix. Ce qu’il faut savoir, c’est 285.000 moutons ont été importés l’an passé pour casser les prix et renforcer le cheptel national », a-t-il ainsi déclaré.

« Nous n’accepterons aucune autre hausse des prix de la viande importée. Ceux qui oseront le faire seront sanctionnés comme certains importateurs et commerçants l’ont déjà été », a prévenu une nouvelle fois le ministre Zitouni.

A. C.