Alger, capitale de la concorde arabe

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Le Président l'a rappelé hier dans une conversation téléphonique avec Abbas : Pas de paix sans un État palestinien souverain

L’optimisme est de mise dans le ciel d’Alger à l’occasion de la tenue du 31e sommet de la ligue arabe en Algérie, aujourd’hui et demain. Le ton a été donné par quelques ministres des Affaires étrangères qui ont déclaré avoir dégagé un consensus total sur les questions inscrites à l’ordre du jour.

Les chefs de la diplomatie algérien, égyptien et palestinien ont affirmé sans détour qu’à leur niveau les avis sont convergents sur les questions à aborder lors de ce sommet. Ces questions constituent l’essentiel de l’ordre du jour qui sera abordé par «la conférence» des chefs d’Etat et des représentants des gouvernements des pays membres de la ligue arabe.

Ce consensus, rare dans l’histoire des sommets de ce bloc politique arabe, souvent traversé par des clivages et des divergences qui ont rendu ses résolutions inopérantes, est révélateur de la capacité de persuasion de la diplomatie algérienne et de l’ambition de son projet de rassembler les Arabes autour des questions essentielles et stratégiques.

Et d’un autre côté, de la conscience des pays de la sphère arabe de la nécessité pour eux de s’unir et de serrer les rangs face aux défis qui les guettent, et face à un monde en mutation qui risque d’évoluer sans eux et sans leur participation. Et cette perspective passe inévitablement par une prise de position commune et ferme sur les crises et les conflits en cours dans la sphère arabe.

Les dossiers urgents du Sommet arabe

S’il y a des dossiers urgents tels que la crise libyenne ou du Yémen, les autres conflits sont des facteurs qui contribuent à faire perdurer l’instabilité de toute la région «arabe».

C’est particulièrement les cas de l’Irak, qui ne se relève plus depuis l’invasion américaine, et de la Syrie, en proie à une rare violence et des interventions étrangères depuis… 2011. Ces deux crises déteignent et continuent de déteindre sur la stabilité des autres pays de la région qui sont d’une manière où d’une autre affectés par ces conflits, à l’instar de l’Arabie saoudite ou de l’Egypte qui font face à des violences et à des attaques terroristes sporadiques.

Cependant, la question palestinienne au cœur du projet algérien, la crise libyenne et du Yémen focaliseront l’attention étant inscrites au registre des priorités de la ligue. La réconciliation inter-palestinienne pourra faire avancer la cause reléguée un rang subsidiaire, y compris par des responsables arabes. Il est souhaitable de voir les positions arabes évoluer et s’unir autour de cette cause pour lui donner enfin une chance de trouver une issue : un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec El-Qods est comme capitale.

Les deux poids lourds des composantes politiques palestiniennes, Fatah et Hamas, ont d’emblée affiché des dispositions à se réconcilier pour aller vers des actions politiques communes et donner corps au rêve des Palestiniens spoliés de leur terre et de leur pays.

Ont-ils d’ailleurs annoncé la couleur lors de la cérémonie de célébration de la fête de l’indépendance le 5 juillet et la signature, entre les deux responsables palestiniens, Haniyeh et Abbas, de la déclaration d’Alger. Une feuille de route pour la prochaine étape.

Il en sera de même pour la crise libyenne où les protagonistes sont des Libyens eux-mêmes soutenus par des puissances régionales ; des mercenaires et des groupes terroristes qui éloignent, selon sa configuration actuelle, l’espoir d’une paix durable. Un appui des pays de la ligue arabe pourrait inverser la tendance et créer un climat à même de garantir dans un premier temps la reconduite du cessez-le-feu, le retrait des forces étrangères et le lancement de l’opération politique qui consiste en la tenue des élections législatives et présidentielle.

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La question du Yémen, enlisé dans des violences qui ont fait des milliers de morts, une crise humanitaire grave pourrait aussi faire l’objet de débat et probablement d’un consensus pour faire taire les armes dans ce pays déchiré par une guerre fratricide.

Les questions évoquées ici sont des urgences, parce que le monde arabe ne manque pas de crises et de conflits. Et Alger pourra à cette occasion servir de passerelle entre les pays et les différents camps opposés.

Par Djilali B.