Alors que l’accord de pêche UE-Maroc prendra fin le 17 juillet : Le Polisario invite l’Espagne à négocier

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La pêche européenne dans les eaux sahraouies

Alors que l’accord de pêche avec l’union européenne avec le royaume alaouite arrive à son terme le 17 juillet prochain, le front Polisario invite l’Espagne à négocier un cadre légal pour ses pêcheurs qui craignent pour leur avenir après cette date.

Ces inquiétudes ont lieu non seulement parce que l’union européenne impose une nouvelle réglementation sur certains engins mais aussi et surtout pour cause de non-renouvellement de l’accord de pêche avec le Maroc, ce qui condamne ainsi la flotte du golfe de Cadix qui emploie 3000 personnes à l’extinction, rapporte la presse espagnole.

Si la justice européenne maintient cet accord dans l’air, car il inclut des eaux du Sahara occidental qui, selon l’Europe, ne sont pas sous juridiction marocaine, les autorités espagnoles ont pratiquement pris pour acquis que l’accord ne sera pas renouvelé.

En 2021, la cour de justice de l’UE a donné raison au front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, qui a fait valoir que l’accord – qui inclut les eaux de l’ancienne colonie espagnole – avec le Maroc était approuvé sans le
consentement du peuple sahraoui.

Le conseil européen a lancé un recours contre cette décision le 16 décembre 2021.

Situation grave et délicate

Cette situation a fait sortir de ses gonds le président des armateurs du port de Barbate, Tomás Pacheco , qui la qualifie de situation « très grave et délicate » pour le secteur de la pêche de Cadix.

Selon lui, « l’accord avec le Maroc est historique et les pêcheurs espagnols ont une série d’acquis qui ne peuvent être effacés d’un trait de plume ». D’où a-t-il fait observer « un accord de cette ampleur ne peut être renoncé maintenant et laisser les pêcheurs de
Cadix bloqués ».

Pour lui, le secteur réclame des aides publiques pour pallier les pertes. La perte de l’accord avec le Maroc a également des effets collatéraux pour le secteur de la pêche de Cadix. La réduction du travail en haute mer impliquera également une baisse d’activité dans les ports et les marchés.

Aussi, l’association des pêcheurs de Sanlúcar de Barrameda a exposé à la commission européenne que le chalutage qu’ils pratiquent est « durable » et, lors d’une réunion à Bruxelles, ils ont exprimé leur rejet de la proposition de veto à ce type de pêche.

Mais en dépit de ces complaintes, le front Polisario a, de son côté, exprimé son souhait que cet accord soit confirmé par la cour de justice européenne (CJUE) qui rendra son verdict avant la fin de l’année. Le représentant du front Polisario en Espagne, Abdulá Arabi, a insisté sur le fait que cet accord ne peut pas inclure les ressources naturelles du Sahara occidental.

En ce sens, il a reconnu qu’en pratique cela signifie que les navires espagnols qui ont pêché dans ces eaux devront partir après cette date, mais il a exprimé la volonté du Polisario de négocier.

« Nous avons toujours exprimé notre disposition à garantir un cadre légal à tous les pêcheurs espagnols s’ils le souhaitent, mais ils doivent s’asseoir et négocier avec le
représentant du peuple sahraoui, qui est le front Polisario », a-t-il souligné.

Le représentant du Polisario, qui se dit convaincu que la cour de justice européenne confirmera le verdict du tribunal mettant fin à l’accord de pêche conclu sur le dos des Sahraouis, invite tout Etat, entreprise ou association de pêcheurs qui chercherait à se
doter d’un cadre légal à prendre contact avec le Polisario.

A.R.