Après l’appréhension: Ruée sur le vaccin

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Après l’appréhension: Ruée sur le vaccin
Après l’appréhension: Ruée sur le vaccin

Depuis l’apparition des variants Detla et Alpha du coronavirus, la situation sanitaire en Algérie est de plus en plus préoccupante. Avec des hôpitaux complément saturés et un manque de moyens de plus en plus palpable sur terrain, l’Algérie n’est pas à l’abri d’un scénario tunisien.

Conscients de la dangerosité du variant Delta et de la fragilité du système de santé nationale, les citoyens algériens et malgré leur scepticisme n’hésitent pas à se diriger en masse vers les centres de vaccination.

Implantés un peu partout à travers la capitale, les centres de vaccination connaissent actuellement une affluence importante des Algériens qui désirent se prémunir contre un virus qui a bousculé le mode de vie de l’humanité.  

Des centres dépassés par la demande

Sur Alger, plus précisément à la place du 1er-Mai sous un immense chapiteau, ils sont des dizaines de personnes à attendre leur tour. Essayant tant bien que mal de respecter les mesures barrières à cause de leur nombre important, les gens dans la file d’attente ne parlent que du vaccin. Entre le russe Spoutnik et le chinois Sinovac, il faut dire que certains se sont bien documentés avant de franchir le pas.

Un jeune homme évoque ses craintes vis-à-vis d’éventuels effets secondaires. «Il parait que le vaccin provoque les mêmes symptômes que la Covid et que l’on se sent vite malade», a-t-il lancé. Une mère de famille quinquagénaire tente de le rassurer : «Cela est tout à fait normal mon fils, c’est l’effet du vaccin ; cela ne veut pas dire qu’il n’est pas efficace ou qu’il est mauvais pour la santé, j’ai entendu les experts en parler à la télévision.»

Jeton numéroté à la main, cette même dame nous a déclaré être venue très tôt le matin pour prendre son jeton et éviter des heures d’attente en cette chaleur de mois de juillet. «Je suis venue ici pour le vaccin avant-hier. Je suis arrivée sur les lieux aux alentours de 13h, il était déjà trop tard, donc je suis revenue aujourd’hui vers 7h30 pour avoir mon jeton et revenir plus tard comme ça je passe directement», dit-elle.

L’infirmier sur place nous a confirmé une hausse importante du nombre de personnes désireuses se faire vacciner : «Nous sommes actuellement à près de 200 personnes par jour, c’est un chiffre important et nous travaillons sans relâche pour être à l’écoute des citoyens et expliquer les bienfaits du vaccin ainsi que ses éventuels effets secondaires», a déclaré le membre du personnel de santé.

Dans un autre quartier populaire de la capitale, à savoir Bab El-Oued, c’est la polyclinique Mira qui a été transformée en centre Covid. Arrivés sur place, on constate rapidement une gestion kafkaïenne de l’importante foule venue pour le vaccin. Ils sont près d’une cinquantaine de personnes venues pour récupérer des jetons numérotés (une technique que semble avoir adoptée la plupart des centres de vaccination).

Parmi elles, Rachid un quadragénaire qui souffre du diabète. «Ce virus a déjà emporté deux personnes de ma famille. Je fais partie de la catégorie de personnes vulnérables, c’est pour cela que je suis venu me faire vacciner. Même si ce vaccin ne m’évitera pas de contracter le virus, au moins j’aurais une forme moins sévère ; c’est ce qu’a m’a expliqué mon endocrinologue», a-t-il dit.

Ghenima, âgée de 65 ans est elle aussi venue se faire vacciner contre la Covid-19. «Je suis tombée malade en septembre dernier et comme je suis asthmatique, j’ai failli céder. Même s’il y a beaucoup de rumeurs qui circulent concernant le vaccin et ses effets secondaires, rien n’a été prouvé à ce que je sache. Au moins avec le vaccin, je serais protégée», a-t-elle affirmé.

Le personnel de santé plaide pour une meilleure organisation

Pour le Dr Harat, il n’y a aucun doute quant à la forte demande du vaccin contrairement aux mois précédents. «Nous faisons face à une très forte demande en vaccination, nous sommes quasi dépassés mais tout le personnel fait de son mieux pour assurer le service.

Le vaccin est pour le moment disponible. Nous administrons entre 150 à 200 doses par jour mais nous sommes loin de pouvoir tout assurer. Les autorités doivent penser à ouvrir davantage de centres de vaccination et établir un plan de vaccination rigoureux», a affirmé notre interlocuteur.

«Il est certain que le personnel médical est à bout de souffle mais c’est maintenant qu’il faut recentrer nos efforts pour la réussite de la campagne de vaccination. Même si la demande est forte nous n’avons pas de chiffres officiels sur le nombre de personnes vaccinés je crois que le pourcentage doit être minime c’est pour cela que les autorités n’en parlent pas», a-t-il dit. 

Concernant les craintes relatives aux effets secondaires de ce vaccin, Dr Harat a estimé qu’«il n’y a pas d’autres moyens pour sortir de cette pandémie» et que «tous les vaccins proposés sont fiables et efficaces». Il ajoute : «Les réseaux sociaux et autres supports pullulent de fake news. Les autorités doivent agir à travers de larges campagnes de sensibilisation simples et efficaces», a-t-il conclu.

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