Augmentation des salaires des paramédicaux et des enseignants: Une annonce fortement saluée par les syndicats

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Très attendue, l’annonce de la révision immédiate des salaires des enseignants et du personnel paramédical, faite par le président de la République, samedi dernier, lors l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis, a fait l’effet d’un véritable baume au cœur des travailleurs de ces deux secteurs, surtout qu’elle intervient dans des circonstances particulières, marquées par l’effondrement du pouvoir d’achat.

«Une reconnaissance» pour le personnel paramédical

En effet, le chef de l’Etat a donné instruction au gouvernement de «s’atteler dès aujourd’hui à la révision des salaires des enseignants et du personnel paramédical et d’entrer en contact avec leurs représentants pour réviser leurs statuts». Une annonce fortement saluée par Ghachi Lounès, secrétaire général du SAP (Syndicat algérien du paramédical), qui estime qu’il s’agit d’une «véritable reconnaissance» envers les travailleurs de son secteur. «C’est la première fois que le chef de l’Etat évoque les travailleurs du paramédical de façon aussi directe. C’est une véritable reconnaissance envers les efforts fournis, surtout ces deux dernières années, lors de la pandémie de Covid-19. Cela nous encourage à donner toujours plus», a-t-il fait savoir. Cependant, le syndicaliste juge que les travailleurs de son secteur font partie des catégories les moins valorisés et a émis le souhait de voir des augmentations de salaire considérables. «Les salaires des travailleurs du paramédical sont vraiment dérisoires, il est vraiment temps de réviser les salaires et instaurer une grille salariale respectable qui garantit une vie digne», a-t-il déclaré. Concernant la dernière augmentation des salaires due à la réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG), appliquée depuis le début de l’année 2022, le syndicaliste a affirmé que concrètement, les augmentations n’ont pas dépassé 3000 DA, ce qui demeure insuffisant pour améliorer le pouvoir d’achat.

Les enseignants appellent à la réhabilitation de leur statut

De son côté, Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, a estimé qu’une réelle révision de la politique salariale s’impose aujourd’hui avec la flambée des prix. «Ce ne sont pas de simples augmentations dont nous avons besoin. Il est plus qu’urgent de mettre en place une politique salariale qui soit en adéquation avec la société et ses changements. Tous les prix ont augmenté de manière fulgurante. Même le Smig doit être revu à ce stade-là», a-t-il déclaré. Concernant les travailleurs de l’éducation, le syndicaliste a appelé à la «réhabilitation du statut de l’enseignant». Selon notre interlocuteur, «le gouvernement doit œuvrer pour améliorer la qualité de vie des enseignants et les mettre à l’abri du besoin en leur garantissant une vie digne», a-t-il dit. Un avis partagé par son homologue Dziri Sadek, président de l’UNPEF, qui juge qu’il relève de «l’ordre de l’urgence de revoir les salaires des travailleurs de l’éducation qui vivent des temps durs», en ajoutant que «le statut de l’enseignant a perdu ses lettres de noblesse depuis de nombreuses années, notamment avec l’inflation. Revaloriser ce statut est désormais une nécessité», a-t-il dit.

S’agissant de la révision des statuts particuliers, il faut rappeler que les chantiers ont été engagés. D’ailleurs, du côté des paramédicaux, le projet est en voie de finalisation, selon le SG du SAP. Du côté des travailleurs de l’éducation, les choses risquent d’être plus compliquées en l’absence de coordination entre les partenaires sociaux et la tutelle qui a décidé de confier l’élaboration du projet à une commission interne et n’a toujours pas délivré une copie de la première mouture aux syndicats. «La tutelle a décidé de travailler dans l’opacité, mais nous n’allons pas accepter un projet de loi sur lequel nous n’avons pas été consultés», menace Messaoud Boudiba.

W. S.