Automobile: le PDG de Renault s’exprime sur l’Algérie (Entretien)  

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De notre envoyé spécial à Paris, Brahim Aziez

Présent à l’ouverture du 89e Mondial de l’auto de Paris, Fabrice Combolive s’est prêté au jeu des questions réponses autour d’une table à laquelle des journalistes algériens étaient conviés, dont l’envoyé spécial à Paris de l’Algérie aujourd’hui.

En parlant de vos usines à travers le monde, vous avez évoqué l’unité d’Oued Tlélat en Algérie qui reprend ses activités. S’agit-il d’une reprise temporaire ou d’une reprise qui s’inscrit dans la durée en rapport avec les nouvelles mesures prises par le gouvernement pour attirer les constructeurs ?

On suit avec attention ce qui se passe en Algérie, parce qu’on a une usine qui a produit près de 80.000 véhicules dans ses meilleures années. Et on est très fier de ce niveau de production. Là, l’usine reprend pour utiliser les pièces qu’on avait envoyées en Algérie, et c’est déjà un premier signe positif, surtout après un arrêt de 2 ans et demi.

Vous voulez dire que c’est une reprise temporaire ?

Cela veut dire qu’il faut qu’on regarde quelles sont les prochaines étapes. Je sais que nos responsables sur place discutent avec les représentants du ministère pour voir quelles vont être les prochaines phases, mais je n’ai pas, à ce stade, de déclaration à vous faire sur le sujet.

L’offensive électrique et hybride arrive dans un contexte particulier, qu’il s’agisse d’énergie, de changements climatiques, de pénurie de semi-conducteurs. Cela ne chamboule t-il pas vos objectifs ?

De toute façon, le contexte est chamboulé depuis quelques années. Je m’occupais récemment de la région Afrique, Middle-East, India-Pacifique et on a vécu ensemble des changements de régulation, des changements de géopolitique, de dévaluation, l’inflation, l’augmentation des matériaux, etc.

Vous vous êtes adaptés…

On est habitué à travailler dans un contexte extrêmement changeant. Et justement, dans notre politique et les choix technologiques qu’on a faits, on n’a pas mis tous nos œufs dans le même panier. On se développe sur un segment d’avenir qu’est l’électrique, avec en ligne de mire 2035 qui marque la fin du thermique, et d’un autre côté on a investi sur des moteurs hybrides, avec à la base des moteurs thermiques, et sur ces spécificités de full hybride qui n’est pas de l’hybride rechargeable. En revanche, à des niveaux de consommation qui sont au meilleur niveau du marché et qui pourront éventuellement remplacer le diesel.

Des exemples ?

Sur Austral on sort 200 ch sur un 1.2 litres 3-cylindres, avec une consommation de 4,6 l/100 km. C’est un saut technologique extrêmement important.

Donc, oui le contexte est chamboulé, vous avez raison, mais on essaye d’avoir un pied sur l’électrique et un pied sur l’hybride de manière à équilibrer cette phase de transition.

Il y a aussi d’autres éléments : l’industrialisation, la localisation, etc.

Fiat arrive, Renault reprend…les bonnes nouvelles s’enchaînent

B. A.